On a entendu tellement de choses sur ces produits plus ou moins "santé", achetés on ne sait où et qui ont entraîné de graves problèmes de santé. Du coup, vous ne savez plus si vous pouvez ou non faire confiance à ces produits. Petit récapitulatif des mesures mises en œuvre pour vous assurer une sécurité maximum.
Comme tout aliment, les compléments alimentaires doivent obtenir une autorisation pour être mis sur le marché. "En France, nous avons un système particulièrement élaboré et performant, les règles sont draconiennes", précise Brigitte Lelièvre, responsable de la réglementation au sein du Syndicat de la diététique minceur et des compléments alimentaires. Un décret sur les compléments alimentaires encadre à la fois leur composition, leur étiquetage et leur mise sur le marché. En outre, tous les états membres de l'Union européenne doivent se conformer à une directive européenne qui met en place un certain nombre de critères pour obtenir l'appellation "complément alimentaire".
En France, trois parcours sont possibles pour obtenir l'autorisation de mise sur le marché pour ces compléments alimentaires. Dans tous les cas, le fabricant doit fournir la composition précise du produit qu'il souhaite commercialiser.
Cas n°1. Les ingrédients contenus dans le produit sont déjà autorisés dans l'alimentation et leur concentration n'excède pas les niveaux autorisés. La Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) peut donner rapidement une autorisation de mise sur le marché.
Cas n°2. L'ingrédient n'a jamais été mis sur le marché en France mais est autorisé dans d'autres pays d'Europe. La mise sur le marché se trouve simplifiée par une "reconnaissance mutuelle" des produits acceptés dans les autres pays de l'Union. Ceci dit, le fabricant doit fournir à la DGCCRF la réglementation précise de l'état concerné.
Cas n°3. Les ingrédients sont présents dans des doses supérieures à celles de l'alimentation et qui n'ont pas encore fait l'objet d'une autorisation. Le fabricant doit alors soumettre son dossier à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa). C'est elle qui est chargée d'étudier tous ces nouveaux produits de l'alimentation pour s'assurer qu'ils ne présentent aucun danger pour les consommateurs.
A noter que si le complément utilise des produits qui ne sont pas encore utilisés dans l'alimentation, la procédure, qui se déroule dans un cadre européen, est alors beaucoup plus longue. Il faut compter 7 à 8 ans en moyenne pour obtenir une autorisation de mise sur le marché.
Tous les produits obtenus doivent être étiquetés selon des règles bien précises. Ils doivent comporter la composition, la posologie (combien de pilules, etc.), les mises en garde éventuelles.
Ensuite, c'est à vous de faire attention. Eh oui, il ne faut pas acheter vos petites pilules n'importe où. "Les produits que l'on trouve dans les rayons des supermarchés ou des para-pharmacies sont les mêmes et ont tous fait l'objet d'une autorisation, explique Brigitte Lelièvre. En revanche, n'allez pas chercher vos produits sur internet, ne les achetez jamais en porte à porte." Vous pourriez tomber sur des produits frauduleux qui ne respectent pas les normes de sécurité.
Ultime recommandation : souvenez-vous qu'un complément alimentaire n'est pas et ne doit donc pas être commercialisé en tant que produit miracle. Comme son nom l'indique, il sert simplement à combler les besoins pour lesquels votre alimentation ne suffit pas.