Le cancer du sein peut être d'autant plus traumatisant qu'il touche à la féminité. Après les soins, vous avez eu recours à la chirurgie plastique pour vous faire reconstruire le sein ? Racontez-nous.
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Reconstruction mammaire
Lou
, Marseille
le 29 janvier 2008
Quand et dans quelles circonstances avez-vous subi
l’ablation d’un sein ?
J'ai subi, à l'âge de 50 ans, l'ablation du sein gauche en 1999 à la suite de la découverte d'une "tumeur canalaire maligne envahissante".
Comment avez-vous été amenée à songer à la
reconstruction mammaire ?
Au moment de l'intervention initiale, j'aurais souhaité être opérée des 2 seins dans le cadre d'une prévention et aussi pour éviter une reconstruction qui me semblait indispensable par le déséquilibre physique important engendré par l'ablation d'un sein. Malheureusement, il m'a été répondu que si cette mesure de prévention était pratiquée en Amérique, ça ne se faisait pas en France. Après la chimiothérapie et la radiothérapie, soit environ 1 an + tard, j'ai donc envisagé la reconstruction mammaire afin de me libérer de mon mal être, je n'osais même plus me regarder dans le miroir de ma salle de bain ni me déshabiller devant qui que ce soi.Comment ont réagi vos proches ?
Mes proches m'ont laissé faire mon choix tant ils sentaient que j'étais très mal dans ma peau. Bien sûr j'étais très heureuse d'avoir échappé à la maladie mais j'étais profondément affectée moralement par ma nouvelle apparence physique.Comment s’est passée l’intervention ?
Etes-vous satisfaite du résultat ?
L'intervention s'est bien passée mais a été très lourde et douloureuse (je ne suis pourtant pas douillette) et le résultat n'a pas été à la hauteur de ce qui m'avait été décrit. Je pense que j'ai été très mal conseillée, à ce moment là, quant au choix à faire pour la reconstruction, surtout compte tenu de la fragilité de ma peau irradiée d'une part, mais aussi quant aux conséquences physiques du prélèvement d'un lambeau de peau du dos et de la moitié du muscle grand dorsal. Dans la foulée, j'ai du subir 6 opérations successives pour essayer d'obtenir un résultat à peine moyen. Ma peau très fragilisée par la radiothérapie a très mal réagi, elle est devenue très brune, elle s'est collée à la prothèse, mon sein est devenu très dur et très douloureux en raison de la formation d'une coque interne, j'ai de nombreuses cicatrices sur le sein et une cicatrice de 20 cm dans le dos (prélèvement d'un lambeau de peau et de la moitié du grand dorsal nécessaire à la reconstruction). Depuis j'ai toujours mal au dos, au sein, mon corps ne supporte pas la prothèse interne, il a fallu réduire l'autre sein afin d'obtenir un certain équilibre. Heureusement, la chirurgie réparatrice a fait, dans ce domaine, de gros progrès depuis quelques années. Je vais donc être à nouveau opérée, ce mois ci et on va me faire une "auto-greffe" destinée à enlever la prothèse interne, supprimant ainsi les troubles liés à celle-ci (adhérence de la peau, douleurs du fait de la formation de la coque, meilleure irrigation sanguine au niveau de la peau).
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