Une douleur déchirante dans le ventre, des vomissements, parfois de la fièvre... On garde généralement un souvenir fort du moment où nos intestins nous ont joué un vilain tour. Racontez.
Dans quelles circonstances les douleurs sont-elles apparues et comment avez-vous réagi ?
J'avais 9 ans et demi lorsque j'ai été opérée. C'était un mercredi dans un centre pour les jeunes. Avec mes copains, on jouait à cache-cache. Un de mes copains m'a grillé et il s'est précipité vers moi et il a mis ses deux genoux sur le bas de mon ventre à droite, et à ce moment là, j'ai commencé à me plaindre pendant toute l'après-midi. Les surveillants ont puni toute la bande et quand je me plaignais encore, ils me disaient que je devais avoir encore faim. C'était pas faux, car j'ai tout mangé. Mais quand ma mère est venue me chercher à 16h, je me plaignais encore, après avoir pris mon goûter, ma mère m'a sorti la même chose que les surveillants. Le soir, j'ai super bien mangé, mais au moment, où j'ai voulu me coucher, je me jetais directement aux toilettes. Impossible d'aller me coucher, car j'allais systématiquement aux toilettes. Ma famille affolée m'a dit que demain, on irait chez le docteur et donc pendant ce temps, je dormirai assise. Le hic, c'est que je ne pouvais pas dormir assise car c'était la même chose que lorsque je voulais me coucher. Alors, j'ai dormi debout toute la nuit. Le lendemain, j'étais pâle, ma mère a prévenu son boulot qu'elle sera en retard. Ma mère et ma tata m'ont emmené chez le docteur, et le docteur hésitait entre deux choses ( l'appendice et un autre truc, je m'en rappelle plus, peut-être péritonite). Je devais faire une prise de sang. J'étais chez ma tata quand ma mère est revenue de son boulot, on est allées chez le docteur avec difficultés car je n'arrivais plus très bien à marcher, tellement j'avais mal. J'en pleurais. Je marchais encore moins bien qu'une personne âgée, je peux vous dire que c'était pas marrant. Le docteur a à peine regardé la feuille des résultats de la prise de sang, qu'il s'est levé de sa chaise et il a dit à ma mère de m'emmener de toute urgence à l'hôpital. Ma mère a eu super peur, elle a essayé de me faire marcher plus vite pour atteindre la voiture. Elle a foncé sur la route.
C'était la deuxième fois que cela m'arrivait car en faite, la première fois où j'ai eu des douleurs comme cela, c'était en colonies. C'était la même année, mais à quelques mois près. Un gars en colonie m'avait foutu un coup de poing dans le ventre. Pendant plusieurs jours, j'étais pâle et je ne mangeais très mal et je me plaignais du ventre. Quelques jours seulement, les animateurs m'ont emmené à l'hôpital après bien sur être passé par le docteur. A l'hôpital, on m'a gardé trois jours en observation. Je me sentais beaucoup mieux, ils m'ont laissé sortir. C'était les mêmes douleurs. Sauf que la deuxième fois que cela m'est arrivée, j'avais du mal à marcher.
Le diagnostic a-t-il été posé facilement ?
Quand, je suis arrivée à l'hôpital, un médecin m'a piétiné le ventre (lol) et bien sûr j'ai souffert. Il m'a emmené dans une autre salle pour faire une radio comme les femmes enceintes. Hihi Il m'a ensuite remise dans l'autre salle et j'ai du attendre 5 minutes. Quand il est arrivé, il a dit qu'il allait faire bref. Je devais me faire immédiatement opéré de toute urgence. Cela ne pouvait pas attendre. Ma mère voulait en savoir un peu plus du mot "urgence" et il a dit : bah écoutez, soit elle se fait opérer tout de suite et votre fille vit, ou soit elle meurt dans quelques heures, dans quelques minutes, à la fin de la semaine (il pensait que je ne tiendrais pas la fin de la semaine) ou je pouvais mourir sous leurs yeux. Ma mère n'a plus cherché à comprendre quoi que ce soit.
Comment s’est passé le séjour à l’hôpital (douleurs, suites post-opératoires, etc.) ?
Quand je me suis réveillée, je me suis trouvée normale. Seulement quand je me suis redressée que j'ai eu mal. J'ai vu que j'ai été opéré. En fait, si on bougeait un peu dans son lit, on a pas mal. Surtout que les infirmières ont bien dit qu'il fallait surtout pas rester immobile pendant plusieurs minutes. J'ai testé, et ben je peux vous jurer que plus jamais, je n'ai recommencé. Le fait de bouger rien que le petit doigt de pied ou de main me faisait hurler de douleurs. Il a fallut à ma "colocataire" de chambre d'appuyer sur le bouton pour appeler les infirmières. On se sent fatiguer après l'opération. J'ai pas pu tenir une conversation avec ma mère, c'est impossible, même en vous battant contre le sommeil, vos paupières se ferment toutes seules.
Aujourd’hui, quel souvenir gardez-vous de cette crise d’appendicite ?
Bah quand je regarde ma cicatrice, des souvenirs me reviennent de pleins fouets. Et pour tout vous dire, je ne garde pas de bons souvenirs. Sauf le fait de me rappeler que je marchais encore moins vite qu'une personne âgée et le dos courbé pour éviter encore plus de douleurs ( surtout qu'il y avait à ce moment là, une personne âgée qui traversait en face de moi, je peux vous jurer qu'elle m'a bien regardé). Et aussi, il y avait de très gentilles infirmières. (pas toutes, mais une bonne partie). Pour finir, j'ai jamais eu autant de boissons gazeuses à ma disposition pour que je puisse péter. Bah oui, les boissons gazeuses me permettaient de péter mais surtout d'avoir un repas. Si tu ne pètes pas, tu ne manges pas.