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Témoignage d une dépression profonde

 Témoignage d'une dépression profonde  

Annie , La Rochelle le 02 mars 2009

Depuis quand êtes-vous déprimé(e) ?

Ma dépression a commencé en septembre 2005, après dix ans d'expatriation dans 3 pays différents. Au moment du retour en France.

Comment s'exprime votre dépression, que ressentez-vous au quotidien ?

Fatigue intense. Insomnie. Absence d'appétit. Douleurs urinaires (sans causes avérées). Angoisses permanentes. Peur des appareils ménagers. Refus de voir du monde ou de parler. Honte de moi. Culpabilité de ne pas pouvoir m'en sortir. Peu à peu désintérêt de toute activité, y compris lecture, télé, écoute radio. Absence de plaisir dans tous les domaines. Inactivité totale jusqu'à ne plus quitter mon lit. Désir d'en finir pour "soulager les autres du poids que j'étais devenue pour eux".

Comment réagissent vos proches, comprennent-ils votre mal être ?

Au départ, mes proches m'encourageaient, minimisaient mon état "tu as meilleure mine, meilleure voix... ". Puis essayaient de me secouer, de me distraire, de faire des projets... Ensuite vint l'ennui, l'agacement. Jusqu'à ma tentative de suicide médicamenteuse, qui m'a conduite là où je demandais à aller sans savoir comment y parvenir : en clinique psychiatrique pour une vraie prise en charge.
J'en veux tout particulièrement à mon médecin généraliste, qui n'a pas vu la dépression (et me soignait pour tout autre chose) malgré ma demande insistante d'hospitalisation et m'affirmait que ce n'était pas possible. Pour moi, c'est la première responsable de mon geste désespéré, celle dont un énième refus m'a fait passer à l'acte (puisqu'il n'y avait pas d'autres solutions ! ).

Suivez-vous un traitement ou une thérapie ? Sont-ils efficaces ?

J'ai tout de suite été soignée avec un dosage assez fort d'Effexor. Très efficace pour moi. Avec entretiens quotidiens avec le psychiatre et un suivi psychologique. Et un très bon séjour en clinique psy qui m'a aidé à retrouver sommeil, appétit et activités (art thérapie). J'en suis sortie au bout de 35 jours. Mon traitement a été maintenu pendant six mois, puis très progressivement diminué jusqu'à suppression totale. J'ai tenu trois mois et rechute. Retour à la clinique (pour 3 semaines cette fois) et reprise de l'Effexor. Un an après j'ai refait une rechute, dont je me suis sortie seule, cette fois. D'abord parce que j'ai confiance dans mon médicament qui m'équilibre bien. Ensuite parce que mon mari a depuis la première fois compris que j'étais vraiment malade et qu'il sait comment m'aider (être là et attentif, simplement). Et enfin parce que j'ai une bonne psy qui répond présente dès que j'en ai besoin. J'ai mis en place des protections qui me rassurent et je me sens plus forte. Surtout, j'ai tiré profit de cette "expérience" pour écouter et comprendre ceux et celles qui souffrent comme j'ai souffert. Certains mots font que nous nous reconnaissons et cela me permet de les aider. En tout cas, le premier conseil, la première aide à apporter à un dépressif, c'est de l'inciter à consulter un psychiatre, en lui expliquant qu'il est malade et non pas coupable.
L'essentiel pour s'en sortir, c'est un suivi psy sérieux et un entourage positif. Comment avoir envie de sortir du cocon protecteur de l'hp, si ce qui nous attend à l'extérieur n'a pas évolué, si nos proches n'ont rien compris ?

  • Dominique

    Je me suis trouvé dans un cas similaire depuis de nombreuses années et je m'en suis sortie en décidant de penser qu'il fallait que je m'adapte à la réalité que j'accepte plutot que de vouloir que la réalité s'adapte à moi ! Sacré boulot !
  • Dalila

    Sans que je m'y attende vraiment elle m'est tombé dessus"la dépression"suite à quoi ? Prise de conscience, le ral bol et départ d'une procédure de divorce que j'ai voulu au bout de 17ans de mariage. Je ne suis pas arrivé au bout de cette procédure, trop lourde à porter, mes deux enfants témoins cette situation ! En bref je suis vide, plus envie de rien, beaucoup de larmes, crises d'angoisses, peur nocturne pour arriver en finale à aimer mon lit mon refuge... Les idées noires m'ont poussées à consulter psychologue et prendre des médicaments, par ailleurs je me raccrochent à eux mon espoir pour l'instant c'est mes medocs . 2semaines et demi que ça dure. Dalila
  • Leila

    Bonjour, cela fait 1 mois que je suis en plein dans la dépression. Je suis angoissée à longueur de journée, j'ai laissé tomber mon travail, j'ai l'impression que je vais mourir... Je ne comprends pas ce qu'il m'arrive je ne fais que pleurer. Quelqu'un pourrait-il m'aider et me dire comment m'en sortir ? Merci
  • Anastasia

    Bonjour,

    La dépression profonde vaste sujet en effet.
    Comment pouvoir s'en sortir si autour, vous n'avez rien qui vous donnent envie de vous en sortir, quand les médocs, les séances chez le psy, l'hospitalisation ne suffisent plus et que votre famille ne vous soutient pas ?
    Personnellement le peu d'énergie qu'il me reste, je les donne aux autres. Et si je les vois mieux et bien je me dis que je n'aurais pas été inutile dans ce monde.
    Je me bas tout les jours pour m'en sortir mais seule je suis dans cette lutte. Certes, j'ai bien des amis mais hélas loin. Mais aucun ne verront ma maladie car je veux qu'ils viennent pour moi et non parce que je suis malade
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