L'attaque cérébrale ou AVC peut toucher tout le monde, même les jeunes. Après le choc de l'accident, il faut parfois combattre et surmonter le handicap. Comment le vivez-vous au quotidien ?
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Un AVC à l'âge du Christ
Jacques
, St Apollinaire
le 08 avril 2009
Quand a eu lieu votre AVC, en quelles circonstances ?
Étant un homme des plus actifs, âgé de 33 ans et travaillant pour une grande banque depuis 19 ans, voici que le "malheur" me frappe, en ce 28 avril 1988... Dans la nuit, après une joute de quilles avec des amis(es) Lions, je me lève pour aller à la salle de bain et je perds connaissance, pour une raison que j'ignorais totalement... Mon épouse se rend dans la salle de bain, pour savoir comment il se faisait que je ne revenais pas au lit et en me voyant couché sur le bord de la toilette, croit que je me suis endormi et afin de me rendre la nuit plus confortable, elle décide de m'apporter deux oreillers et elle retourne se coucher... Quelques minutes ou heures plus tard, je retourne au lit et lorsque vient le temps de se lever pour aller au travail, me voici devant la salle de bains, en face de mes deux garçons, âgés de 8 et 4 ans, et ils disent à leur mère : "Hey maman tu devrais voir les "Grimaces" que fait papa ce matin, il est tellement drôle" Je retourne au lit et mon épouse, croyant que je fais un indigestion, va acheter du "Pepto Bismol" qu'elle dépose sur le bureau. À l'heure du déjeuner, mon épouse vient voir si je vais mieux mais je suis toujours couché et je semble aller bien donc, elle retourne à son travail... En fin d'après midi, elle revient à la maison, après avoir été chercher nos enfants, qui étaient en garderie et vient voir si j'ai quelque chose et en entrant dans notre chambre à coucher, elle s'apperçoit que je fais encore toute sortes de "grimaces" et elle me dit : "C'est assez Jacques, cesse de faire ces grimaces" Tout en regardant sur le bureau, elle s'aperçoit que j'avais laissé échapper la bouteille qu'elle m'avait apporté le matin et je lui dis : "Carole, je ne suis plus capable de bouger, aide-moi." Elle appelle alors immédiatement la gardienne pour qu'elle vienne garder les enfants et en même temps, décide de me transporter à l'hôpital... Ce que je ne vous ai pas dit c'est que mon poids était de 230 livres à ce moment, démontrant l'erreur qu'elle avait fait car, elle aurait dû appeler une ambulance afin d'éviter de me transporter du 2e étage, au 1er étage et par la suite me transférer à l'hôpital... Arrivé sur place, elle demande de l'aide mais, personne ne se joint à elle pour l'assister, elle décide de me transférer dans une chaise roulante. Ce n'est que 3 jours après avoir été hospitalisé que les médecins découvrent que j'avais fait un AVC... Les traitements que j'ai reçus durant le mois passé à l'hôpital ne furent pas des plus agréables... En effet, lorsque tu es couché dans un lit et que le médecin qui est en charge de tes soins arrive avec son équipe composé de 6 à 8 internes et qu'il explique, dans de grands termes médicaux que je ne comprends pas du tout, ceci met mon épouse en colère et elle demande au médecin de sortir de la chambre.
Aujourd'hui comment le vivez-vous psychologiquement au quotidien ?
Mon univers durant et après cet AVCs'est trouvé complètement détruit... J'étais directeur de comptes commerciaux et agricoles, auprès d'une grande banque... J'étais responsable d'une grande fête qui devait se dérouler dans les prochains jours. Je n'étais plus en mesure de poursuivre les démarches visant à la finalisation de ce Festival Rétro-Lions Je n'arrivais plus à penser à ma carrière, je ne savais même plus si je parlais à un homme ou à une femme... Je ne me rappelais plus où j'habitais... Je n'ai reçu aucune aide du milieu médical et c'est mon épouse qui a pris soin de me remettre sur pieds, en me forçant à m'habiller, à marcher, etc. Trois mois après mon AVC j'ai tenté un retour au travail. J'ai fini par réussir de façon partielle ma carrière mais la banque m'a congédié. Je suis retourné dans la même profession immédiatement après avoir été congédié et j'ai réussi à conserver ce travail, durant un peu plus de 9 ans, avant de décider que j'en pouvais plus et que je devais quitter cet emploi... Ceci s'est produit en juin 2002 et depuis, je ne suis plus en mesure de travailler, je suis considéré comme invalide...
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Catherine
Pascal, notre fils avait 27 ans lorsqu'il a fait son AVC. Cela a commencé par une très grosse migraine, ensuite il est devenu totalement incohérent dans ses paroles et ses gestes, le lendemain il était dans le coma. Il a fait un spasme cérébral pendant l'embolisation de son anévrisme, il y est resté 3 semaines avec aucun pronostic vital engagé et il s'est réveillé totalement aphasique. Les médecins nous ont dit qu'il resterait comme ça. Il est resté 5 mois dans un centre de réveil et encore 3 mois hospitalisé. Pascal a eu 30 ans le 21 avril 2009 et on peut dire qu'il va bien. Il a bien sur des problèmes de mémoire immédiate, d'équilibre, il garde une hémiplégie du côté gauche et il oublie souvent sa main. Il vit dans son monde, son caractère a entièrement changé, par moments c'est un enfant. Il demande beaucoup d'attention, le problème c'est surtout les autres car les difficultés qu'il a ne se voient pas toujours toute suite, alors un jeune avec une canne on se pose des questions. Et puis il y a les administrations. Là c'est sans commentaires. Et la solitude de nous, ses parents, face à la maladie. A part cela tout va bien car Pascal est avec nous et il a toujours le sourire. Cathy
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Valerie
Moi aussi j'ai vécu cette maladie indirectement car c'est mon frère qui dans sa 33e année a été victime d'une rupture d'anévrisme. Comme vous, le 23/02/09, en allant à la douche, il a été pris d'un malaise suivi de vomissements et de convulsions suivis d'une perte de connaissance. Comme vous il travaille dans secteur bancaire en tant que guichetier. Il a subi une intervention 48 heures après son AVC, une opération qui s'est bien déroulée. Plongé dans le coma artificiel, il s'est réveillé 1 mois après, jour pour jour. Il est actuellement en rééducation à Créteil, il n'a aucun handicap physique, il a parlé le même jour, les troubles occasionnés sont essentiellement neurologiques. Il recommence à lire mais peine en écriture, son passé proche est parti. Tout ce qui concerne son passé lointain, pas de problème. Au jour d'aujourd'hui, les médecins ne peuvent pas nous dire ce qu'il en sera de son état mental. Sera-t-il possible qu'il puisse reprendre sa vie normale ? Je suis convaincue que oui par la grâce du Seigneur qui a déjà intercédé en sa faveur en le ramenant parmi nous. Tout cela pour vous dire de ne pas vous décourager, votre famille a besoin de vous et vous aussi vous pouvez compter sur elle et cela est très important. Nous, c'est avec patience que nous attendons le "bon" rétablissement de notre frère
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