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Pendant plusieurs mois ou années, vous avez broyé du noir au point de vous demander ce que vous faisiez sur terre. Aujourd'hui, vous allez mieux vous avez retrouvé l'envie de vivre. Racontez-nous comment vous êtes sorti de la dépression.

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Depuis l enfance

 Depuis l'enfance  

Flo , Montréal le 12 octobre 2009

Combien de temps a duré votre dépression ? Avait-elle une raison particulière et, si oui, laquelle ?

Avec le recul, je pense que j'ai toujours été dépressive. Je suis la deuxième fille de la famille. L'aînée était très handicapée. La troisième est arrivée peu de temps après moi. Difficile d'avoir une place et de l'attention ! A ceci s'ajoutait une éducation très sévère, des exigences très élevées... Et puis une tristesse de voir l'aînée malade constamment et risquant de perdre la vie à partir de ses 12 ans. A 21 ans, elle décède (j'en avais 18). Un grand traumatisme pour toute la famille. A 23 ans, je rencontre quelqu'un, qui s'avère être infidèle et grand manipulateur. Je ne m'étais jamais sentie aussi bas : il a volé le peu d'estime que j'avais et ma combativité. Je suis restée 2 ans avec lui.

Quelles solutions avez-vous trouvé pour aller mieux ? Racontez le cheminement.

A 27 ans, après une semaine passée avec une amie que je n'avais pas vue depuis longtemps, je prends conscience que je suis dépressive. Je décide d'aller consulter une psychiatre. Elle m'aide à voir dans le passé, à découvrir les blessures. Je cherche les "secrets" de famille (ils ne sont pas lourds mais mes parents les portent tout de même et me les ont transmis bien malgré eux). Ce traitement ne s'accompagne pas d'anti-dépresseur. Finalement, au bout d'un an et demi, je me rends compte que la vie telle que je la vis ne me convient pas. J'ai toujours aimé vivre à l'étranger. En 2007, je pars donc vivre au Québec : cette décision aurait pu être fatale pour moi. En effet, seule, loin de ma famille et de mes amis, sans emploi, je rechute... Diagnostic : dépression sévère (envies de suicide). J'ai 29 ans, je ne peux pas continuer comme ça. Je ne veux pas me suicider car ce serait le coup de grâce pour ma famille qui a déjà tant souffert. Contre toute attente, lorsque j'annonce à mes parents que je suis en dépression, ils me soutiennent et me remontent le moral. Je les découvre attentifs à mes problèmes. Je décide de remonter la pente, j'ai beaucoup de volonté. 6 mois d'anti-dépresseur (je ne souhaitais pas prendre ces médicaments pendant des années - c'était un contrat avec moi-même), 1 an de thérapie et me revoilà à flot !... Enfin petit à petit. J'ai eu de la chance de tomber sur des professionnels extraordinaires. Je leur en suis très reconnaissante.

Aujourd'hui, comment vous sentez-vous ? Diriez-vous qu'avoir traversé une dépression vous a rendu plus fort ?

Aujourd'hui, je me sens bien.
Comme le disent si bien certains internautes, la dépression a deux conséquences : on se connaît mieux mais on reste fragile. Pour ma part, je reste très attentive aux signes (morosité, envie de s'éloigner de toute activité sociale, envie de rester sous la couette). Dans ces cas-là, soit je fais face seule (car la thérapie m'a donné des outils me permettant de combattre les petits coups de moue), soit je reprends contact avec la psy (pour quelques séances, le temps de démêler mes angoisses).
J'ai par ailleurs beaucoup de chance car j'ai rencontré un homme merveilleux (québécois), qui me soutient dans tout ce que je fais, qui m'aime pour ce que je suis, qui ne me juge jamais, qui est mon rayon de soleil. Depuis notre rencontre, je reprends confiance en moi, j'apprends à m'aimer et à prendre soin de moi. J'apprends à m'écouter et à ne pas me juger (ni sur mes actions ni sur mes pensées).
Je suis heureuse et j'apprends à l'être.
Nous construisons une vie que j'aime, pleine de bonheur. Et en février, nous nous marions.
J'espère pouvoir dire un jour que la dépression est derrière moi. Pour l'instant, je me sens encore vulnérable.

  • Sandrine

    Bonjour j'adore votre histoire, car moi aussi depuis l'enfance, pour d'autre raison hélas je m'en suis rendu compte à l'âge de 30ans, depuis je suis suivie, mais moi je ne vois plus les choses de la même manière et pourtant quand je suis dans ma période de stabilisation, je pourrai faire plein de chose, je vous admire, car malheureusement ma famille habite à 1000 km de chez moi, mon mari travaille beaucoup, mes enfants sont en internat et au lycée et moi je travaille dans des conditions déplorables, je suis d'une telle vulnérabilité, la solitude me noie, et mon mari aussi bon qu'il est car mes sentiments sont forts pour lui, n'y comprend rien ou alors il est trop imprégné par un travail rude : 6h du matin, 21h le soir, pas un appel de la journée, parfois je me demande même si je devrais pas retourner auprès d'une famille unie mais j'ai deux enfants qui adorent tout comme moi leur papa et en plus j'ai une fierté, je ne veux pas être assistée comme les gens disent c'est un sujet malheureusement encore trop tabou de nos jours et je trouve cela dommage, en tout cas bon courage pour la suite et j'éspère recevoir des nouvelles de votre situation car le manque d'amis j'en ai pas non plus, bonne chance
  • Flo

    Merci pour vos encouragements...
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