Il arrive parfois un moment où, malgré tous les efforts de l'entourage, votre proche âgé ne peut plus rester chez lui. Choisir une maison de retraite peut s'avérer compliqué. Dites-nous comment vous avez fait ou quelles difficultés vous rencontrez.
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Discordance familiale
Claire
, Paris
le 21 octobre 2009
Quel est le proche que vous devez placer en
institution et pour quelles raisons ?
Simultanément nos deux parents. Ma mère atteinte d'alzheimer et perte d'autonomie pour mon père. Ils avaient à peine 80 ans. Malgré toutes les aides à domicile il était devenu impossible de les laisser chez eux, leur état nécessitant un placement inéluctable. Les derniers mois furent d'ailleurs pathétiques tant leur état s'était dégradé.
Comment effectuez-vous votre recherche ? Quelles
difficultés rencontrez-vous (financières, administratives, logistiques,
émotionnelles) ?
Le plus gros des problèmes a été l'acceptation de mes deux soeurs qui étaient dans le déni total de la situation. Il était impossible d'aborder sérieusement le problème et encore moins de prendre une décision quelle qu'elle soit. Les parents n'étaient plus en tout état de cause en état de décider. Une de mes soeurs s'était fait un devoir de s'occuper d'eux alors qu'elle travaillait et n'acceptait pas trop que ses soeurs s'en mêlent. Il faut dire que je n'habitais pas sur place mais cela n'émpêche pas de trouver des solutions d'entraide. Elle y a laissé sa santé et son ménage en a pris un coup. Dieu merci nous pouvions faire face financièrement mais le manque d'anticipation de la situation nous a contraints à trouver d'urgence deux places dans une maison de médicalisée privée toute neuve qui venait d'ouvrir. Très onéreuse mais les parents y étaient bien même si ce fut difficile pour eux d'atterrir dans une institution à laquelle ils n'étaient pas préparés le moins du monde. C'est moi qui ait pris d'autorité la décision car nous n'étions pas loin de la non assistance de personnes en danger. Mes soeurs ne l'ont jamais accepté. Et ont toujours rejeté sur moi le choix de ce placement. Mais que fallait-il faire d'autre ? Ils sont décédés deux ans après à quelques mois d'intervalle. Ce fut pour moi une épreuve épouvantable liée à une communication impossible et au déchirement familial qui en a suivi. Il ne me reste plus rien. J'ai fini par aller voir un psychiatre tant j'étais perturbée et après quelques séances j'ai pu comprendre beaucoup de choses qui m'ont permis de retrouver la sérénité et faire le deuil de mes parents et de mes soeurs. Un gâchis humain épouvantable pour une impossibilité à gérer humainement et intelligemment la fin de vie de deux parents dégradés simultanément.
Quels sont les interlocuteurs auprès desquels vous
avez trouvé de l’aide ? Etes-vous en voie de trouver une solution ?
Laquelle ?
Les médecins et les aides sociales nous avaient dit un an auparavant de prévoir des inscriptions dans plusieurs établissements publics afin d'avoir des places quasiment assurées le moment venu. Mais tout reste du choix et des démarches de la famille en fonction de leur situation financière...
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