Joie et appréhension d'être enceinte, modification du corps et de l'humeur, nausées et malaises... Les 3 premiers mois de grossesse sont riches en émotions. Racontez comment vous les avez vécus.
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Sophie
le 07 février 2011
Quels changements physiques avez-vous constaté pendant ces 3 premiers mois ? Avez-vous été malade ?
Physiquement, c'était magique : ma poitrine s'est amplifiée avec un joli petit ventre rond. Je dois être bizarre, car je n'étais jamais malade. Par contre, je ressentais déjà intensément les contractions et les petits coups de pied de mon bébé. Je me mis de plus en plus à marcher les jambes serrées car mon bébé entamait déjà sa descente, ce que je ne savais pas encore. Mon gynécologue ne jugea pas bon de m'arrêter par souci d'"économie" envers la sécurité sociale. Je fis une Menace d'Accouchement Prématuré juste à ce moment-là.Et moralement, votre humeur et vos émotions ont-elles évolué sous l'influence des hormones ?
J'étais hyper-sensible (mais déjà avant d'être enceinte, paraît-il... ) et quand même intriguée par le processus de grossesse qui se déroule "naturellement". J'ai commencé à sentir à ce moment-là ce que devait être le "lâcher-prise". Rien à faire que de sentir ce qui se passe en nous et écouter... (s'écouter) Du point de vue culinaire, je ne me rappelle qu'une seule fois avoir eu des envies : une côte de boeuf-frites un soir glacial du 15 août à la montagne !Qu'avez-vous changé dans votre mode de vie (alimentation, sport, tabagisme, etc.) et cela a t-il été compliqué pour vous ?
Forcément mon mode de vie a changé, du fait de ma grossesse "particulière" : je me suis beaucoup plus cocoonée, soignée (avec des plantes, des compléments alimentaires bio...) et surtout j'ai fini par plus m'écouter, principe que j'ai reperdu par la suite. Après ma "map", on m'a hospitalisée, en me culpabilisant (le trou de la sécu , etc.) moi qui ne bois pas, ne fume pas, n'ai jamais fait de sports extrêmes, ni de choses dangereuses pour mon bébé. C'était bizarre, on me regardait vraiment de travers, mon entourage me l'a confirmé par la suite, j'étais "la" grossesse à risque de tout cet hôpital de niveau 2° ou 3°. J'étais la bête de cirque, le phénomène de foire qu'on cachait dans une chambre de la taille d'un placard à balais, et que les jeunes étudiants en médecine venaient observer à l'initiative de leur professeur de médecine. Personne parmi le personnel médical et para-médical, ne savait vraiment quoi faire de moi et comment se comporter avec moi. On voulait me lever : "Allez, bougez-vous un peu ma petite Dame...", m'examiner le bas-ventre à tour de bras, m'introduire des cure-tips et autres sondes à qui mieux mieux... Et pourtant, j'ai dit "Non", j'ai résisté et refusé cette médecine là, bornée parce que sous-informée et inexpérimentée, ouvrant "le parapluie" des contrôles et des tests après-coup alors que "la pluie et l'orage" s'annonçait déjà depuis longtemps... Seule, une médecin anesthésiste, que je remercie aujourd'hui et dont ce n'était pas son travail quotidien a priori, est passée un jour dans ma chambre venir me donner "gratuitement" un seul conseil : "Surtout envers et contre tous, restez couchée ! J'ai vécu ce que vous vivez, mes jumeaux vont très bien aujourd'hui ! " Je ne la remercierai jamais assez... Elle a sauvé ma vie et celle de ma petite fille ! (Tout comme l'équipe de néonatologie et du service de grossesse à risques de l'hôpital où j'ai ensuite été transférée, grâce à l'entêtement de mon mari. Pour une fois que ça nous était utile...). Les hôpitaux spécialisés dans les grossesses à risque et ayant un service de réanimation néonatale sont de niveau 4°. A oui, j'oubliais, tout cela s'est passé il n'y a guère plus de 4 ans et ma fille va très bien aujourd'hui !
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