C’est une décision difficile à prendre, à vivre, mais qui est parfois nécessaire. Que ce soit une IVG médicamenteuse ou une intervention chirurgicale, vous êtes passée par là. Comment avez-vous vécu ce moment difficile ? Cela vous a-t-il laissé des séquelles, physiques ou psychologiques. Témoignez de votre expérience.
A l'hôpital, sous anesthésie générale et par aspiration c'était en août 83.
Avez-vous
connu des difficultés pour avoir accès aux consultations (à l’hôpital,
chez votre médecin) ?
Je n'ai rencontré aucun problème.
Avez-vous
été satisfaite de votre prise en charge ? Aviez-vous l’impression d’avoir
été suffisamment suivie et conseillée ?
C'était en août 1983. J'ai été très satisfaite de la prise en charge et de la gentillesse du personnel soignant. J'ai pu avoir une consultation avec une psy et un médecin qui m'a tout expliqué. J'ai entamé une thérapie pendant un an suite à cette IVG. J'étais dans un état dépressif très important avec prise quotidienne d'antidépresseur et de Valium. A aucun moment il n'y a eu de jugement, ou un regard ou un geste de la part du personnel : tout le contraire et beaucoup de compréhension. Que ce soit pour moi ou mes compagnes de chambres : nous étions 4. Et chacune avait son histoire.
Comment
vous sentiez-vous psychologiquement avant et après l’IVG ?
Cela a été très dur et j'ai fait une très grosse rechute dans ma dépression autour de la date de la naissance. J'y pense encore et toujours, mais c'était le seule solution vu mon état de santé et mon état mental ; si c'était à refaire je le referais sans hésiter. Mais par la suite j'ai fait très attention de ne pas me retrouver dans cette situation. En effet, en 1983, mon gynéco préconisait "une fenêtre" dans la prise de pilule pour que le corps reprenne son rythme naturel et ensuite je n'ai plus écouté ses conseils : cette "fenêtre" a été jugée inutile et risquée.