La France est décidément bien un pays centralisé : la majorité des trajets en avion s'effectuent au départ ou à destination de la capitale. Pourtant, l'avion souffre de plus en plus de la concurrence du TGV...
Comme aux Etats-Unis, la France a choisi de développer un "hub" à Roissy et Orly, c'est-à dire un réseau en étoile qui offre de multiples correspondances à partir de Paris. Avantage : cela permet d'avoir des avions plus gros et plus chargés, donc de les rentabiliser au maximum. Air France propose ainsi sur certaines destinations des "navettes", toutes les heures ou demi-heures, entre Paris et les aéroports de Nice, Toulouse, Bordeaux, et Marseille. Ce sont d'ailleurs ces destinations que l'on retrouve en tête de liste.
Rang
Trajet
Milliers de passagers
Rang
Trajet
Milliers de passagers
1
Paris-Nice
3010
21
Lyon-Nantes
226,6
2
Paris-Toulouse
2854
22
Lyon-Toulouse
221,8
3
Paris-Marseille
2025
23
Paris-Lorient
171
4
Paris-Bordeaux
1392
24
Lyon-Nice
165,5
5
Paris-Strasbourg
1031
25
Paris-Quimper
133
6
Paris-Montpellier
1006
26
Bordeaux-Marseille
128,7
7
Paris-Lyon
627
27
Paris-Figari
128
8
Paris-Bâle/Mulhouse
562
28
Marseille-Nantes
125,1
9
Paris-Pau
560
29
Ajaccio-Nice
120,9
10
Paris-Biarritz
550
30
Nantes-Nice
119,3
11
Paris-Toulon/Hyères
477
31
Lyon-Strasbourg
118,5
12
Paris-Ajaccio
453
32
Lyon-Lille
118,2
13
Paris-Brest
447
33
Lille-Nice
113,9
14
Paris-Bastia
325
34
Nice-Strasbourg
111,5
15
Paris-Perpignan
315
35
Paris-Calvi
110
16
Paris-Clermont Fd
257
36
Bastia-Nice
109,9
17
Ajaccio-Marseille
250,9
37
Nice-Toulouse
108,9
18
Paris-Nantes
243
38
Bordeaux-Nice
106,9
19
Bordeaux-Lyon
242,6
39
Lille-Marseille
106
20
Bastia-Marseille
237,3
40
Paris-Rennes
94
Source : DGAC, chiffres
2003.
Mais ce système a l'inconvénient de saturer les aéroports parisiens : alors que le trafic aérien devrait doubler d’ici à 2020, les plafonds de voyageurs vont rapidement être atteints (250 000 vols par an pour Orly et 55 millions de voyageurs annuels pour Roissy). Et ce n'est pas les liaisons internationales qui sont en cause, mais bien les courts courriers : ces derniers représentent les deux tiers du trafic aérien français. Le nombre de vols vers les Etats-Unis, pourtant première destination étrangère au départ de Paris équivaut ainsi à peine au nombre des Paris-Marseille.
La concurrence du TGV se fait sentir...
Les liaisons en concurrence directe avec le TGV Méditerranée ont toutes perdu des passagers en 2003 : Paris-Marseille (-5,6%), Paris-Nice (-5,6%), Paris-Toulon (-22,7%) et même un quart de passagers en moins sur Paris-Perpignan. Alors que le TGV met Marseille à 3h de Paris, l'avion met 1h20 à faire le même trajet, durée à laquelle il faut ajouter le temps d'enregistrement des bagages, l'embarquement, les mesures de sécurité, etc... En comptant en plus les temps de trajet pour aller à l'aéroport (généralement à une demi-heure du centre-ville), on arrive à peu près au même temps de trajet.
Bref, en février dernier, EasyJet a jeté l'éponge et abandonné sa liaison Paris-Marseille. Fin 2004, la part de marché du train sur cette destination était de 63%, en progression continue.
...Mais l'avion reste compétitif
Certaines destinations bénéficient encore de l'absence du train : la Corse, en premier lieu, qui figure 7 fois dans le top 40 des destinations (un tunnel n'est pas envisagé !), Strasbourg (qui attend son TGV pour 2007), ou des liaisons de province à province pour lesquelles le train met trop de temps (Bordeaux-Lyon par exemple).
D'autre part, l'avion arrive encore à rester compétitif grâce au faible coût du kérosène (qui est détaxé). C'est ainsi
le moyen de transport le moins cher au kilomètre. Surtout que le développement des compagnies à bas coût exacerbe la concurrence.