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 INTERVIEW 
Août 2005

"Après 36 heures de travail, on n'est plus opérationnel"

Le Major Michel Maria est directeur du service aides et secours du département des sapeurs-pompiers du Var. Il est responsable de la formation des pompiers professionnels. Sur le terrain, il coordonne les équipes d'intervention.
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Est-ce qu'il y a plus d'incendies de forêt cette année ?
Michel Maria : Non, c'est une année normale. La pression de travail n'est pas plus importante que prévu. Sur une année, nous avons environ 100 000 interventions, et les incendies de forêt n'en sont qu'une petite partie !
Quelle est la période critique pour les feux de forêt ?
La période "rouge" se situe entre le 15 juin et le 15 septembre. L'été, si il y a du vent, on annule tous nos dîners en famille le week-end, car on sait qu'on risque d'être appelé à tout moment. Les incendies de forêt sont-ils plus dangereux que les autres incendies ?
Pas vraiment, si ils sont bien gérés. Disons qu'il y a plus de paramètres à prendre en compte. La plupart des pompiers sont formés sur les incendies de maisons. Quand une maison brûle, vous savez à 90% où le feu va s'arrêter. En forêt, vous êtes en espace "ouvert" : il faut donc tenir compte du vent, du relief, et surtout de la végétation. Le pin d'Alep, par exemple, brûle beaucoup plus facilement qu'un chêne.
"En cas de vent, on sait qu'on peut être appelé à tout moment"
Quelles sont les interventions les plus difficiles ?
Ca dépend de l'endroit d'où le feu est parti, et surtout si c'est une zone habitée ou non. Nous n'utilisons pas du tout les mêmes méthodes et les mêmes moyens dans les deux cas. Dans des lotissements, on ne peut pas rentrer avec les gros camions. On a recours à des groupes spéciaux avec des petites voitures équipées d'autopompes, qui peuvent puiser l'eau dans les piscines privées pour éteindre les incendies. Dans des lieux escarpés, on va utiliser les DIH (détachement d'interventions héliportées), qui déposent des pompiers en haut des pitons pour déployer les tuyaux.
Combien de temps dure une intervention d'un pompier ?
Cela peut aller de 24 heures à presque 36 heures. Après, on n'est plus opérationnel ! Mais il y a une quinzaine d'année, cela pouvait aller jusqu'à 2 ou 3 jours…
Les groupes d'interventions sont-ils composés de pompiers volontaires ou professionnels ?
Les deux. Un groupe d'intervention est composé de 17 personnes, avec chacune une formation bien précise. Certains volontaires ont des compétences aussi pointues que les professionnels, et si il faut un conducteur de camion, peu importe qu'il soit professionnel ou non.
"On a besoin de compétences. Peu importe qu'on soit professionnel ou non"
Quels sont les moyens aériens dont vous disposez ?
En France, on a 11 canadairs et 10 trackers, basés à Marignane, d'où ils peuvent intervenir en moins de 45 minutes. A chaque départ de feu, deux canadairs décollent systématiquement. Les hélicoptères sont gérés par les départements. Dans le Var, nous en avons cinq.
Les moyens terrestres sont-ils aussi efficaces ?
Ils sont complémentaires. Le canadair éteint le gros du feu, et les équipes au sol contrôlent le reste des flammes et sécurisent le site. Lors d'un incendie, on attaque le feu avec les jets à pleine puissance, puis on continue à arroser pour éviter toute reprise. On utilise pour cela le "mouillant", un liquide spécial mélangé à l'eau qui "adhère" aux feuilles.
Quelle zone couvrez-vous ?
Normalement, nous intervenons seulement dans le département du Var. Mais certaines équipes sont fréquemment appelées sur des feux de forêt dans les Bouches du Rhône ou les Alpes-Maritimes. Sur les gros incendies, il peut y avoir jusqu'à 300 pompiers.

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 Céline Deluzarche, L'Internaute
 
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