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Le repas de Pâques

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Pain azyme, vin, agneau..les rites chrétiens s'inspirent de la Pâque juive, qui elle-même plonge racine dans d'antiques traditions païennes.

La Cène. Duccio di Buoninsegna (1308-1311)

La Cène et l'eucharistie
Dans les évangiles, et lors de son dernier repas, Jésus bénit le pain et le vin, qu'il présente comme "son corps et son sang". Il demande alors à ses disciples de perpétuer ce rite en sa mémoire, rite permettant la rémission des pêchés. Pour les chrétiens, l'eucharistie est la commémoration de ce repas, mais aussi du sacrifice de Jésus, sacrifice censé enlever le pêché originel des hommes. Les catholiques croient en la présence réelle de Jésus dans le pain azyme et le vin bénis lors de la messe. C'est le mystère de la "transsubstantiation". Les protestants ne voient dans l'eucharistie qu'un rite symbolique.

Le coupe de vin et le pain azyme

L'influence des traditions juives sur l'eucharistie est manifeste : le soir de la Pâque, les juifs célèbrent en effet le Sédèr, le repas pascal. Sur la table, figurent 7 mets symboliques, comme des herbes amères pour rappeler les souffrances du peuple hébreu avant sa libération, mais aussi du pain azyme. Ce pain sans levain est consommé en mémoire de la fuite d'Egypte durant laquelle les Hébreux n'eurent pas le temps de faire lever le pain. Pendant 7 jours avant et après la Pâque, le pain levé est proscrit et remplacé par des Matzoth, galettes de pain azyme. Une tradition qui s'inspire aussi de l'antique fête agricole des azymes, célébrant la moisson de l'orge.
Sur la table du Sédèr également, une coupe de vin est réservée au Prophète Elie dont le retour est attendu.

L'agneau pascal
Manger de l'agneau est une tradition que l'on retrouve dans de nombreux pays. Pour les chrétiens, l'agneau fait référence au Christ, "l'agneau de Dieu", donnant sa vie en sacrifice, qui conduit le troupeau, les brebis de Dieu. Mais dans la Bible, le sacrifice de l'agneau est aussi commandé aux Hébreux, avant la traversée de la Mer Rouge. Avec le sang de cet agneau, ils marquent leur maison, échappant ainsi à la dixième plaie d'Egypte, la mort des nouveaux nés. Un rite pastoral que pratiquaient déjà les peuples nomades
L'agneau et la brebis ont toujours représenté la pureté, l'innocence, la justice. Autrefois porteurs de chance, on racontait même que le diable pouvait prendre la forme de n'importe quel animal à l'exception de la brebis.

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