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 SAVOIR 
Juillet 2005

ITER : les questions qu'il faut se poser

ITER, c'est quoi exactement ? A-t-on vraiment besoin de ce réacteur ? Est-ce que c'est dangereux ? Pourquoi est-ce qu'on a finalement choisi le site de Cadarache ? Les réponses.
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ITER, c'est quoi ?
ITER (pour International Thermonuclear Experimental Reactor) est un réacteur expérimental de fusion nucléaire. Alors que les réacteurs classiques produisent de l'énergie grâce à la fission d'atomes lourds, ITER permettra de produire de l'électricité à partir de la fusion d'atomes légers. C'est un projet qui regroupe l'Union Européenne, le Japon, la Russie, La Corée, et les Etats-Unis.

© EFDA
Pourquoi construire ITER ?
L'objectif d'ITER est de trouver une nouvelle forme d'énergie. C'est un projet scientifique de long terme : les premières expériences sur la fusion nucléaire datent des années 1950. Depuis, les scientifiques ont beaucoup progressé dans cette voie. La machine JET, installée en Grance-Bretagne, arrive ainsi déjà à reproduire cette réaction. Mais pour Pascal Lallia, conseiller chargé des questions de thermonucléaire à la Commission Européenne Recherche et Energie, le réacteur ITER constitue une nouvelle étape indispensable. En effet, ITER sera bien plus performant. Alors que JET consommait plus d'énergie qu'il n'en produisait, ITER va générer une puissance 10 fois supérieure à celle consommée. Mais attention : cela reste une machine expérimentale et il est pour l'instant inutile d'espérer utiliser cette électricité pour votre lave-vaisselle !

ITER, ça va marcher quand ?
Pour produire vraiment de l'électricité, il faudra attendre entre 35 et 50 ans. En fait, cela va dépendre des choix politique. Sur un plan technique, ITER aurait ainsi déjà pu être construit il y a plusieurs années. Ensuite, pour une utilisation courante de la fusion comme source d'énergie, cela prendra sans doute plusieurs dizaines d'années.

ITER, c'est dangereux ?
Alors que la réaction de fission nucléaire présente un risque d'emballement, la fusion peut elle être stoppée instantanément. Si on arrête d'alimenter le réacteur, le plasma se refroidit très vite et tout s'arrête en moins d'une minute. De plus, les quantités utilisées sont négligeables, et toutes les études de sécurité montrent que même en cas d'accident grave, on n'aurait pas besoin d'évacuer les populations autour.

© EFDA
Quels sont les avantages de ITER ?
La consommation de combustible d'une centrale à fusion est très faible : pour une année de fonctionnement, il lui faudra 100kg de deuterium (une matière quasi inépuisable) et 3 tonnes de lithium, contre 1,5 million de tonnes de charbon pour une centrale thermique. La fusion ne produit pas de gaz à effets de serre ou d'autres polluants toxiques. Les déchets radioactifs n'auront une durée de vie que d'une centaine d'année, et pourront même être recyclés dans la centrale. Enfin, sur le plan du terrorisme, ITER n'utilise pas de matières utilisables pour la fabrication de bombes militaire, contrairement aux centrales actuelles où on utilise du plutonium. A l'heure où on s'inquiète de l'Iran et de la Corée du Nord, c'est plutôt une bonne nouvelle…

Pourquoi Cadarache a-t-il été choisi ?
C'est avant tout une décision politique. Cependant, Cadarache avait un avantage considérable sur Rokkasho-Mura, le site japonais : le CEA (Commissariat à l'énergie atomique) y est en effet déjà implanté depuis plus de 40 ans, avec plus de 4000 chercheurs et des sous-traitants de la filière. Et puis, le soleil de la Provence est sans doute plus attirant pour les chercheurs et leur famille que le Nord du Japon en plein hiver…

  Dossier ITER  
 
 Céline Deluzarche, L'Internaute
 
Magazine Savoir
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