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 DOSSIER 
Août 2005

"Notre objectif prioritaire, c'est de l'eau potable disponible dans toutes les villes"

Noël Godard est sous-directeur de la protection et de la gestion des eaux du ministère chargé de l'environnement. Il reconnaît une situation difficile, mais reste optimiste sur les conséquences de la sécheresse en France.
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La situation en France est-elle exceptionnelle cette année ?
Oui. Il faut donc être vigilant et gérer la ressource avec mesure. Notre objectif prioritaire est d'avoir de l'eau potable disponible dans toutes les villes. Ce sont donc l'agriculture, la faune et la flore aquatique qui sont les plus touchées.

Comment le pays s'est-il préparé à cette sécheresse ?
Nous savions depuis le début de l'année que nous allions vers un été sec, car l'hiver a connu un important déficit pluviométrique. Grâce à un dispositif de suivi permanent, nous avons pu anticiper en choisissant des cultures moins consommatrices d'eau. On a ainsi planté 10 à 12% de maïs en moins cette année.

Les mesures de restriction sont-elles efficaces ?
Oui, et grâce à elles les problèmes seront limités. Les centrales nucléaires ne devraient pas connaître de baisse de production, par exemple, même si celles de Tricastin et de Bugey frôlent les limites de température pour leurs rejets d'eau dans les fleuves. Le lavage des voitures est interdit pour les stations qui ne recyclent pas leur eau : c'est aussi un moyen à long terme d'encourager des pratiques plus durables. Reste l'agriculture, où nous aidons les agriculteurs à traverser ce passage difficile. Nous avons par exemple autorisé l'utilisation des jachères pour augmenter la production de fourrage.

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Ne faudrait-il pas modifier en profondeur notre agriculture pour s'adapter aux sécheresses récurrentes ?
On ne va pas tout changer pour quelques années plus sèches de temps en temps ! Les cultures sont adaptées chaque année en fonction du climat et du niveau des nappes phréatiques. D'autre part, la consommation d'eau pour l'agriculture n'a pratiquement pas augmenté depuis dix ans, alors qu'elle avait fortement progressé dans les années 70. Les agriculteurs ont donc bien pris conscience du problème.

Et au niveau des particuliers ?
La prise de conscience est progressive. On a noté une légère baisse de la consommation ces dernières années, grâce aux appareils ménagers plus économes, par exemple.

Il paraît que les golfs bénéficient de dérogations particulières ? Est-ce vrai ?
Nous accordons les dérogations au cas par cas. Il ne faut pas oublier que les golfs sont un attrait touristique important pour certains départements.

Que faire à long terme pour mieux gérer les ressources en eau ?
Les régions à risque doivent trouver des solutions adaptées. Dans les Alpes, on peut par exemple acheminer l'eau par des canalisations depuis le Rhône. Dans les régions touristiques, comme en Vendée, on crée des réservoirs importants pour faire face à l'augmentation des besoins l'été. Des techniques de désalinisation d'eau de mer peuvent aussi être envisagées pour les départements côtiers.

Le prix de l'eau va-t-il augmenter ?
Il est probable que oui, mais cela sera plus lié au retraitement de l'eau après usage, encore insuffisant par rapport aux normes européennes, plutôt qu'à une éventuelle pénurie.
 
 Céline Deluzarche, L'Internaute
 
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