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En France, l'utilisation de l'eau est désormais l'objet de restrictions dans 62 des 96 départements métropolitains français. Le déficit en eau touche particulièrement la côte Altantique et la vallée du Rhône, où il est y tombé seulement 5 à 6 mm en moyenne pendant le mois de juillet, contre 30 à 40 mm habituellement. A Agde, l'Hérault ne coule presque plus, et en Poitou-Charentes, la situation est jugée pire qu'en 1976, année où le gouvernement avait instauré un "impôt sécheresse".
Pourtant la situation n'est pas nouvelle : "les précipitations entre octobre et mars ont été très faibles", explique Michel Schneider, climatologue à Météo France. "Or, cette période permet normalement de recharger les réserves". Pour Jacques Chirac, il n'y a toutefois "pas de préoccupation particulière sur le plan national", ni pour l'eau potable, ni pour l'industrie ou la production énergétique.
L'agriculture, première victime de la sécheresse
Pour les agriculteurs, en revanche, la colère commence à monter. Certains éleveurs doivent déjà puiser dans leurs réserves de fourrage pour nourrir le bétail, et leur faire boire l'eau du robinet, car les cours d'eau sont à sec. L'incompréhension s'ajoute au mécontentement quand, selon les arrêtés préfectoraux en vigueur dans chaque département, un agriculteur peut arroser ses champs alors que 100 mètres plus loin, son voisin n'en n'a pas le droit.
Les seuls contents sont les viticulteurs, car la vigne apprécie plutôt ce climat.
Au sud de l'Europe, c'est encore pire
La France n'est pas le pays le plus touché. En Espagne et au Portugal, la sécheresse cette année est sans précédent depuis 60 ans. Au Portugal, c'est 70% du pays qui est touché par la sécheresse. En Espagne, les centrales hydroélectriques tournent au ralenti, et le déficit est aggravé par la pression touristique. Les terrains de golf, les piscines, les hôtels de luxe et les parterres de fleurs, tout cela consomme énormément d'eau. L'Espagne a ainsi construit 160 parcours de golf depuis 2000, et 150 autres sont en projet. A ce rythme, un tiers de l'Espagne pourrait devenir un désert d'ici à 50 ans.
Faut-il y voir les prémices du réchauffement climatique ? "Non", affirme Michel Schneider, "d'après les modèles établis par les scientifiques, celui-ci devrait au contraire donner des hivers plus arrosés et des étés plus secs." D'ailleurs, La Roumanie a elle connu plusieurs jours d'inondations meurtrières au mois de juillet.
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