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ACTUALITE
 
07/09/2006

"Le visiteur est invité à manger et à profiter de la douche ou du sauna sur le toit"

Le 10 septembre s'est ouverte officiellement la 10e édition de la Biennale d'architecture de Venise. L'occasion d'une métamorphose pour le Pavillon de la France, "squatté" depuis trois semaines par de jeunes architectes. L'un d'eux, Pier Schneider, a répondu à nos questions.

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Pier Schneider, membre du collectif Exyzt © Julie Guiches / Picturetank

Comme tous les ans, au mois de septembre, Venise recommence à vivre au ryhtme de la manifestation artistique la plus importante d'Europe, la Biennale de Venise. L'architecture y est représentée à travers les pavillons de plus de 70 pays, dont celui de la France, confié pour cette 10e édition à l'architecte Patrick Bouchain... qui s'y est installé, depuis le 20 août dernier, avec une vingtaines de membres du collectif Exyzt, chargé de la réalisation du Pavillon. Un étrange "squat" qui réunit de jeunes architectes, graphistes, vidéastes, artistes etc. sur un chantier pas comme les autres. L'Internaute a interrogé l'un de ces occupants, Pier Scheider, membre du collectif Exyzt chargé de la réalisation du Pavillon.

 

A quoi ressemble le Pavillon de la France ?

Notre projet était de transformer le pavillon de la France en un "chantier habité", un lieu de vie et d'hospitalité. Depuis le 20 août, nous sommes une vingtaine à le construire… et à y habiter. On y a ainsi installé petit à petit un véritable hôtel avec nos chambres, une cuisine qui est aujourd'hui complètement opérationnelle, un espace de travail, un atelier pour produire nos tee-shirts personnalisés, des sanitaires, etc.

 

Vie commune dans le Pavillon de la France à Venise © Cyrille Weiner
"Nous voulions faire de l'architecture en direct, pas présenter des plans..."

Qu'est-ce que le visiteur peut y voir ?
Le visiteur est surtout invité à vivre dans le Pavillon, plutôt qu'à voir. Il peut y manger (on fait "table ouverte"), profiter des douches et du sauna sur le toit ou des hamacs en haut de l'échafaudage.

 

Votre projet s'appelle "Métavilla". Pourquoi ?
"Métavilla", c'est une réponse au thème de la Biennale, "Villes, architecture et société". Notre projet est une métaphore de ce qu'est aujourd'hui la "métacité", c'est-à-dire la ville des réseaux, connectée au monde entier et affranchie des réseaux de communication physiques. Pour rester humaines, ces nouvelles villes demandent de nouvelles façons de construire et de vivre, plus "communautaires", comme le dit Patrick Bouchain. Et Métavilla, justement, fait référence à une microsociété et veut expérimenter cette nouvelle façon de construire et de vivre dans les villes d'aujourd'hui.

 

Chambres des "habitants" du Pavillon © Cyrille Weiner
"Métavilla veut expérimenter un nouvelle façon de vivre les villes."

D'habitude, les chantiers sont plutôt cachés… pourquoi l'avoir tant mis en valeur ici ?

Patrick Bouchain voulait d'abord éviter de présenter l'architecture à travers des documents (plans, coupes, etc.), pour faire de l'architecture "en direct ", une architecture utilisée, fonctionnelle. Faire de l'architecture, c'est avant tout construire. C'est vrai que le côté chantier est souvent masqué, mais finalement, c'est l'action la plus importante.


Alors l'échafaudage central fait partie du pavillon final ?
L'échafaudage est un élément à part entière du projet. C'est la tour centrale qui mène au toit, sur lequel on trouve un jardin, les sanitaires, et même un sauna.

 

Votre hôtel est maintenant presque terminé. Que va-t-il s'y passer pendant la Biennale ?
La partie "chantier" est en effet presque terminée. Mais pendant toute la durée de la Biennale, différents groupes d'artistes vont l'occuper, des concerts et animations y sont prévus.

 
Photo © Cyrille Weiner

 

» Lire aussi : Le "Lion d'or" de Richard Rogers : sa passion des villes récompensée

En savoir plus www.exyzt.org et www.labiennale.org


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