CHAT
Décembre 2006
"4,5 km de transports en commun sont prévus dans l'aménagement de l'Ile Seguin"
Qu'est-ce que le projet de l'Ile Seguin exactement ? Le projet de l'Ile Seguin a pour objectif de faire coexister un pôle "santé" intégré dans le pôle de compétitivité "médecine" et un pôle "culture". Nous l'avons baptisé "l'île des deux cultures" car nous souhaitons que des artistes, des chercheurs et des étudiants vivent sur l'île.
Est-ce que c'est ce qu'on appelle un projet d'intérêt national ? C'était un projet d'intérêt régional puisqu'il figure dans les grands projets d'aménagement de l'Ile-de-France. C'est devenu un projet d'intérêt national et international depuis que l'Etat a accepté de participer très largement à la conception et au financement du Centre européen de création contemporaine, qui se situera sur la pointe aval de l'île.
Est-ce que le Trapèze et l'Ile Seguin sont un seul et même projet ? Non. Le Trapèze est un nouveau quartier de la ville, avec ses équipements, ses espaces verts et sa mixité sociale. L'Ile Seguin en revanche est un projet à dimension européenne axé sur la culture, la santé, l'éducation et la formation des jeunes. C'est la raison pour laquelle sur le Trapèze, Renault vend directement aux promoteurs qu'il a choisis, la SAEM ne réalisant que les infrastructures. Mais la SAEM a fait l'acquisition de l'ensembe de l'Ile Seguin, et c'est elle qui vendra les charges foncières à tous les intervenants sur l'Ile. J'ajoute qu'un 3e projet va se réaliser en même temps. Il s'agit de la requalification du quartier du Pont-de-Sèvres dans le cadre de l'ANRU (Agence nationale pour la rénovation urbaine) : le projet définitif sera bouclé d'ici quelques semaines.
M. le Ministre, par ce chat, attendez-vous des idées d'aménagement du site ou des décisions irréversibles ont-elles déjà été prises ? Des décisions de principe ont déjà été prises mais il reste encore quelques emplacements. C'est d'abord un endroit riche d'histoire, qui doit témoigner du passage de la civilisation industrielle à la civilisation des services et des loisirs. A cet égard nous nous situons clairement dans une perspective d'aménagement durable et nous installerons sur l'île des institutions scientifiques et culturelles appartenant clairement au XXIe siècle.
Les points forts de l'Ile Seguin, à la date d'aujourd'hui, c'est d'abord le Centre européen de création contemporaine où travailleront des artistes vivants de toutes nationalités. Nous avons dépassé la notion de musée pour aller vers un concept de type "Villa Médicis". Il y aura ensuite une Scène de musiques actuelles consacrée aux musqiues amplifiées avec des studios d'enregistrement et de répétition. De même la partie culturelle sera complétée par un "musée des enfants" rassemblant tout ce qui peut sensibiliser les très jeunes à la science et à l'art contemporain. A votre avis, pourquoi François Pinault a-t-il abandonné son projet de Fondation sur l'Ile Seguin ?
Y a-t-il encore des problèmes de dépollution sur les terrains Renault ?
Comment a été constitué le conseil d'experts qui a défini ce que deviendrait l'Ile Seguin ?
L'Ile Seguin sera mieux reliée à Billancourt et à Sèvres par un nouveau pont actuellement en construction et par une passerelle qui va faire l'objet d'un appel d'offre afin que les travaux s'engagent au printemps prochain.
Quels seront les bénéfices pour les habitants de Boulogne ? Pour les habitants de Boulogne-Billancourt, le bénéfice sera triple. D'abord de nouveaux équipements collectifs (crèches, groupes scolaires, gymnases, établissements pour les personnes handicapées...) seront progressivement mis en service. Ensuite un grand parc de sept hectares permettra au sud de la ville de pouvoir respirer et de retrouver la nature. Enfin un grand nombre de logements sociaux sera bâti en même temps que les logements en accession à la propriété, ce qui permettra à notre ville de remplir ses obligations en matière d'habitation.
Combien d'acteurs sont impliqués dans le projet et qui sont-ils ? Pour l'aménagement des terrains Renault, nous avons constitué une société d'économie mixte "Val-de-Seine aménagement" qui rassemble les villes de Boulogne-Billancourt et de Sèvres, le Conseil général des Hauts-de-Seine et trois partenaires financiers : la Caisse des dépôts et consignations, Dexia et la Caisse d'épargne de Paris.
Comment est- on arrivé à un consensus général sur ce projet alors que les volontés d'aménagement ont été plutôt conflictuelles ? Nous sommes arrivés à constituer cet outil d'aménagement à partir d'un projet d'urbanisme élaboré par le conseil municipal de Boulogne-Billancourt en juin 2002, et intégré dans le Plan local d'urbanisme en 2005. Ceci résultait d'études confiées à de nombreux architectes urbanistes depuis 2000, études qui ont fait l'objet de plusieurs expositions publiques et d'une large concertation avec les associations intéréssées et la population boulonnaise.
Qui sont les opposants au projet tel qu'il a été défini ? J'imagine que l'opposition socialiste a des choses à redire...
L'opposition socialiste, communiste et verte du Conseil municipal de Boulogne-Billancourt a émis des critiques très souvent constructives et des réserves sur le financement du projet. Elle participe au conseil d'administration de la SAEM (Société d'économie mixte Val de Seine aménagement), et aux jurys qui choisissent les projets d'architecture.
Les communes environnantes sont impliquées de deux manières. La ville de Sèvres participe très largement à l'opération. Les communautés d'agglomération organisées autour d'Issy et de Saint-Cloud la suivent par l'intermédiaire du syndicat mixte des Coteaux et du Val-de-Seine qui rassemble 11 communes riveraines, le Conseil général et le Conseil régional.
C'est en 2006 que le projet est entré dans la phase des réalisations. Plusieurs immeubles sont actuellement en construction. Le pont reliant Billancourt et l'Ile Seguin et le premier parc de stationnement sous ce pont sont largement engagés. Les promoteurs viennent de vendre en un seul week-end plus de
Les appartements du Trapèze seront évidemment chers, puisque le marché immobilier est toujours orienté à la hausse. Mais sur les 5 800 appartements ou résidences, le tiers sera sous le statut HLM, ce qui permettra de loger beaucoup d'étudiants, de chercheurs et de familles aux revenus modestes. La mixité sociale est pour moi un élément essentiel du projet.
Quelles vont être les conséquences de ce projet sur la fiscalité ? Pour l'instant, la convention publique d'aménagement signée avec la SAEM et les accords passés avec Renault, propriétaire de tous les terrains, ne nécessitent aucune augmentation de la fiscalité boulonnaise qui est très modérée. Grâce à la participation des promoteurs aux charges d'infrastructures et au financement partagé entre l'Etat, la Région, le département et la Ville, je pense arriver à un bon équilibre favorable aux contribuables boulonnais.
Quels ont été les obstacles rencontrés ? Beaucoup d'obstacles ont été rencontrés et surmontés, sans évoquer les dissensions internes à la majorité municipale de Boulogne-Billancourt, qui ont heureusement cessé depuis 2001. Je signalerais la difficulté des négociations avec Renault et ses promoteurs, la lourdeur des procédures administratives et le sens très aigu de protection de l'environnement de la part de nombreuses associations. Concevoir et mener à bien un projet d'une telle ampleur demande beaucoup de travail et beaucoup de temps : je regrette que peu de gens comprennent que le temps de la Ville est beaucoup plus long que celui des entreprises privées, des associations ou des élus locaux.
Le département des Hauts-de-Seine est un département tout à fait privilégié car il a une majorité solide, des entreprises performantes et beaucoup d'atouts sur le plan des paysages et de l'environnement. Personne ne se souvient qu'au moment où il fut créé, il avait le même nombre d'emplois que les départements de la Seine-Saint-Denis et du Val-de-Marne. Quarante ans après, il en a deux fois plus et il se situe en tête des départements français pour le dynamisme économique et le développement des équipements collectifs.
Bien que j'ai commencé ma carrière politique en 1971, je ne suis pas favorable à la conservation des structures économiques et sociales de cette période. La mondialisation de l'économie est un fait incontournable. De même que l'évolution vers une économie de services, car les vieux pays industriels comme le nôtre ne peuvent résister à la concurrence des pays émergents que par un surcroît de recherche, de valeur ajoutée et d'ouverture sur toutes les technologies mondiales. L'Ile Seguin a connu un siècle de développement industriel. Elle se tourne aujourd'hui vers 2020, c'est-à-dire vers une bonne association entre la culture et la science et vers la préparation des métiers de demain.
Le développement du Trapèze ne risque-t-il pas d'entraver les projets de modernisation dans les autres quartiers, notamment la rénovation du Point du jour avec la réfection de l'avenue Pierre Grenier ? Non. Le conseil municipal, sur l'impulsion des sept maires adjoints territoriaux, veille à équilibrer les investissements dans tous les quartiers et à créer des espaces verts partout où c'est nécessaire.
Vous êtes à l'UMP... Quel candidat voulez-vous soutenir pour les présidentielles ? J'ai toujours soutenu la candidature de Nicolas Sarkozy parce que j'estime qu'il est le seul capable d'éviter à notre pays de retomber sous la coupe d'un parti socialiste qui a 30 ans de retard sur ses homologues britanniques, allemands, italiens et espagnols. Je partage la plupart des propositions de Nicolas Sarkozy et je milite pour qu'il soit le seul candidat de la droite moderne et républicaine aux prochaines élections présidentielles. Est-ce que vous allez participer aux forums "interrégionaux" que veut Sarkozy ? Si l'on m'invite j'y participerai.
J'habite à Boulogne et je voulais savoir pourquoi vous vous êtes représenté en 2001 alors que vous aviez dit que vous alliez vous retirer... Place aux jeunes ! Je me suis représenté en 2001 car mon premier adjoint de l'époque avait organisé la sécession dans la majorité municipale et avait fait prendre 3 ans de retard aux grands projets que j'avais mis en uvre. Ce n'est que depuis 2001 que la ville est administrée par une majorité cohérente, comme le montre l'exposition sur les projets en cours de réalisation que j'inaugurerai le 9 décembre prochain.
» Lire aussi : la présentation de Jean-Pierre Fourcade
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||
rechercher
Services personnalisés gratuits : Inscrivez-vous | Accès membres
Accès membres : merci de vous identifier Mot de passe oublié ?
Bienvenue Prénom / Mon compte
Si vous n'êtes pas Prénom, cliquez ici