PARIS
Juin 2006
Paris celèbre les Arts premiers au Quai Branly
"Les chefs-d'uvre du monde entier naissent libres et égaux", affirmait le marchand d'art Jacques Kerchache en 1990 dans un manifeste publié par Libération. Inauguré cette semaine, le musée du Quai Branly imaginé par Jean Nouvel offre aux "arts lointains" un écrin à la hauteur de leur génie.
Un musée bâti autour d'une collectionDissimulée derrière une rangée de platanes et un mur de verre de 200 mètres de long, la façade du musée du quai Branly se fait discrète. Conçu par l'architecte Jean Nouvel, qui signe ici son deuxième monument sur les bords de Seine, le bâtiment accueille les collections du musée national des Arts d'Afrique et d'Océanie, aujourd'hui fermé au public, et celles du laboratoire d'ethnologie du musée de l'Homme. Au total, 300 000 pièces dont 3 500 seront exposées en permanence. A l'image des collections qu'il abrite, le bâtiment présente une architecture aux géométries variables, mélange de matériaux naturels et modernes, de styles ethnique et futuriste, mais qui trouve une unité dans son ensemble.
Un musée végétal
Le visiteur qui vient de la Tour Eiffel est d'abord intrigué par la jungle qui s'est installée sur le mur du bâtiment administratif, en prolongement avec les façades haussmanniennes du Quai Branly. Son concepteur, le verdoyant botaniste Patrick Blanc, a sélectionné 15 000 plantes qui se développent sur le mur grâce à un procédé très simple de poches de feutrines. Evènement sans égal dans le monde de l'art depuis l'inauguration du Centre Pompidou, en 1977, le succès du Quai Branly semble déjà acquis, car avec son mur végétal et son look ethnique, le musée est dans l'air du temps.
Des uvres à découvrirL'accès au jardin se fait par 5 entrées libres (rue de l'Université ou quai Branly). Depuis l'accueil du musée se déploie une rampe blanche, qui s'enroule autour d'une impressionnante tour de verre abritant 9 500 instruments de musique, dont les notes se déclenchent au passage du visiteur grâce à un ingénieux système de capteurs.
Au fil de son parcours, le visiteur découvre tout d'abord des expositions temporaires présentant les réserves du musée, puis des projections multimédias qui le plongent dans un autre univers. La lumière se tamise lorsque que l'on pénètre dans l'exposition permanente. A la croisée des civilisations, une pierre-lyre, considérée comme l'un des plus anciens mégalithes du monde, fait figure de lien entre les continents. La circulation dans le musée se fait naturellement, et l'on chemine avec fluidité de continent en continent, parmi les 3 500 uvres. Océanie, Asie, Afrique et Amérique communiquent grâce à une galerie ondulante et sinueuse, "la rivière", dont le lit de cuir est incrusté de modules vidéo et de bas-reliefs. Le voyage continue pour les plus curieux dans les cubes, sortes de "boîtes secrètes" suspendues. Elles se décrochent de la façade nord du bâtiment principal et renferment des trésors qui permettent d'approfondir l'identité d'un peuple ou d'une culture. Après une semaine d'inauguration, le musée attend son public avec impatience .
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