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10/10/2006
"La gare Nanterre-Université sera reconstruite pour 110 millions d'euros"
Quel est exactement votre rôle dans le projet ? Je suis le directeur général de l'Etablissement public d'aménagement en charge de la mise en œuvre de cette opération d'intérêt national : études, conception, financement, réalisation et vente des droits à construire.
Qui décide de créer un établissement pour l'aménagement d'une zone ? En l'occurrence, s'agissant d'un établissement public d'Etat, c'est le gouvernement qui décide de créer un périmètre d'opération d'intérêt national et l'établissement public associé. Ce projet était confié initialement à l'Etablissement public d'aménagement de la Défense, et donc qualifié depuis l'origine d'opération d'intérêt national en raison de ses liens avec le territoire du quartier d'affaires de La Défense. Le changement d'opérateur entre l'Epad et l'Epa Seine-Arche n'a pas changé le statut ni la vocation de cette opération même si les objectifs ont évolué.
Cet établissement public (EPASA) a été créé par décret ministériel le 20 décembre 2000, moi-même étant nommé le 3 janvier 2001 par décret ministériel également.
J'ai vu que ce projet était déclaré d'intérêt national. Pourquoi ? Cette opération présente la particularité de conjuguer trois échelles, la première étant, par héritage, la dimension nationale.
La dimension nationale est liée à l'unicité de ce territoire économique, de la Seine à la Seine, qui participe à l'attractivité de la Région Ile-de-France et au développement du grand ouest parisien. Seine-Arche renforce l'image du quartier à l'échelle internationale par la valeur ajoutée complémentaire que le projet apporte sur les plans environnemental, économique et social, dans une perspective de développement durable.
Comment et pourquoi a été choisi le projet des Terrasses ? Quelles étaient les autres propositions ?
Le processus mis en œuvre était un marché de définition, procédure itérative et interactive permettant d'associer tous les acteurs à l'élaboration du projet, à l'inverse du concours d'architecte urbaniste classique qui conduit souvent, par rapport à des problématiques complexes, à retenir un projet "à prendre ou à laisser". Le projet des terrasses de Nanterre, conçu par l'équipe Treuttel-Garcias-Treuttel, s'est imposé à l'unanimité des 21 membres du jury pour sa lisibilité et sa capacité à pacifier un territoire d'une extraordinaire complexité. Les 17 Terrasses qui remontent de la Seine à l'Arche constituent la réponse la mieux adaptée à la nécessité de restructurer ces 3,5 km de coupures urbaines, tout en apportant une réponse aimable et apaisée à la terminaison de l'axe historique.
17 terrasses de verdure ? On passe d'un extrême à l'autre ! On a rien eu pendant des années et là tout d'un coup on nous fait des jardins, des grandes avenues toutes belles... en quel honneur ? Il s'agit ici de restaurer les liaisons de proximité sur un site occupé pendant plusieurs décennies par des chantiers, des voies de transit, des infrastructures de transport en commun au service de la capitale et du quartier d'affaires. Ces terrasses de verdure et ses avenues procèdent d'une volonté de réparation sur un site encore très contraint par le passage, notamment, des autoroutes A14 et A86 et de lignes de RER.
Est-ce que ça va changer au niveau des transports ? Nous travaillons actuellement à la reconstruction de la gare Nanterre Université, projet de 110 millions d'euros financé par l'Etat, le Conseil régional, le Conseil Général, la RATP et l'EPASA. Par ailleurs, à l'intérieur du périmètre d'opération d'intérêt national qui représente 320 hectares, le site des Groues (70 hectares) présente un potentiel remarquable pour le développement de nouvelles liaisons ferroviaires sur les plans régional et national.
Est-il prévu de prolonger le métro de la ligne 1 jusqu'à la place de Boule afin de faciliter l'ouverture vers Paris ? Et qu'en est-il du projet de la place de Boule et de la rue Gambetta, "vitrine" du vieux Nanterre ? Ces questions relèvent de la politique d'aménagement de la Ville. Ce que nous pouvons dire, c'est que la RATP s'intéresse au prolongement de la ligne 1 du métro sur le site des Groues, dans le cadre de l'automatisation de la ligne 1.
Quel avenir pour le quartier de l'université, si triste et si mal famé? Le quartier de l'université fait l'objet dès à présent de plusieurs interventions. 1 - La reconstruction de la gare Nanterre-Université 2 - La mise en œuvre du plan U3M de rénovation du campus 3 - Le renouvellement urbain de la cité des Provinces Françaises pour lequel la ville a déposé un dossier ANRU (Agence nationale de renouvellement urbain). Au cœur de ce dispositif, l'opération "Cœur de quartier Université" va restaurer des liens entre ces projets et participer à la réconciliation entre habitants, public universitaire et salariés. Il s'agit de faire sur ce site un véritable morceau de ville représentant 140 000 m² de commerces, services, logements, hôtellerie, résidence étudiante et bureaux.
Pouvez-vous me dire si vous allez bientôt construire des logements et de quel type ? Nous avons lancé en 2005 plusieurs consultations pour la réalisation d'environ un millier de logements répartis sur les Terrasses et sur le quartier Rouget-de-Lilse, vers la Seine. Ils sont soit en instruction de permis de construire, soit en chantier. De nouvelles consultations vont être engagées dès 2007.
Cet immense chantier de réaménagement ne risque-t-il pas de faire de Nanterre un nouveau quartier "bobo" qui ne sera bientôt plus accessible aux petites bourses ? L'un des objectifs de l'Etablissement public est de réguler autant que possible le marché instable du logement par la recherche de produits adaptés à la demande francilienne. La réflexion engagée a conduit à limiter, pour ce qui concerne les programmes en accession, les prix de sortie de ces logements. Ainsi nous avons développé, entre autres, des logement sociaux à hauteur de 40 % du programme, comme établi dans le protocole Ville-Etat de mai 2000.
Vous croyez vraiment que ces terrasses, qui sont tel sur l'image, resteront telles quelles après 2 ou En ce qui concerne les Terrasses, le principe d'animation à une échelle locale et régionale a été retenu. Il est prévu qu'une structure de gestion et de programmation se mette en place pour favoriser la fréquentation et une large appropriation de ces espaces publics. Au niveau de la sécurité nous avons conduit une réflexion avec la ville de Nanterre pour sécuriser cet espace dans le cadre de la politique locale.
Avez-vous des désaccords avec les élus de Nanterre ? Sur quoi ? L'activité de l'EPASA est régie par le protocole Ville-Etat signé en mai 2000, document fondateur de l'Etablissement public, où chacun des partenaires a pu exprimer ses attentes par rapport au projet. Le conseil d'administration de l'EPASA comprend, à parité, 8 représentants de l'Etat et 8 représentants des collectivités territoriales dont 6 de la Ville de Nanterre, 1 du Conseil Général et 1 du Conseil Régional d'Ile-de-France. Cinq ans après la création de l'EPASA, on peut considérer qu'il s'est instauré un véritable partenariat autour de ce protocole de mai 2000.
Bonjour, tout ça c'est très bien, mais qu'en pensent les habitants de Nanterre qui vont devoir subir les travaux pendant des années ? Les habitants de Nanterre sont consultés régulièrement dans le cadre des réunions publiques organisées avec la Ville. Les commentaires qui ont été faits à l'EPASA depuis l'origine relèvent du pragmatisme : "Nous savons que vous allez nous perturber avec vos chantiers. Faites en sorte, autant que faire se peut, de les réaliser dans un laps de temps réduit sur des secteurs cohérents."
Les projets à Nanterre ont-ils un lien avec ceux de La Défense ? Aujourd'hui, la complémentarité entre le projet Seine-Arche et le quartier d'affaires de La Défense se confirme. Le dialogue s'instaure entre les projets, ce qui n'était pas possible à l'époque où Nanterre était perçu comme l'arrière-cour de La Défense du fait d'une gouvernance non adaptée. Aujourd'hui, tout concourt à réunir ces territoires dans une logique de complémentarité.
Michel Calen Je suis très content de voir l'intérêt suscité auprès des internautes. Je reviendrais volontiers lors d'une prochaine étape de ce grand projet. Je profite de l'occasion pour vous informer de la mise en ligne, à partir du 16 octobre, de notre nouveau site Internet dans lequel vous pourrez continuer de suivre les avancées de cette grande opération.
» Lire aussi : la présentation de Michel Calen
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