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Pourquoi
avoir écrit sur Harry Potter ?
J'ai découvert Harry Potter à 13 ans, en enchaînant
les 3 premiers tomes. A l'époque, il était moins connu
qu'aujourd'hui, du moins en France. Pour patienter
avant la sortie du tome 4, au lieu de relire et de
relire les premiers épisodes, j'ai préféré créer mon
site sur le sujet. Puis j'ai eu envie de faire un
livre avec un but précis : arrêter de démonter le
bouquin dans tous les sens, et de faire des théories
tirées par les cheveux, mais plutôt donner la parole
à des fans, montrer que Harry Potter plaisait à tous,
de 7 à 77 ans. Mais même si je sais que le sujet a
joué -si j'avais écrit sur les plantes vertes, j'aurais
sans doute peu intéressé l'éditeur-, j'ai été très
étonné d'être publié.
Comment expliquez-vous cette
déferlante Harry Potter ?
Justement, personne
ne l'explique ! C'est ça aussi la magie de ces bouquins
: les fans aussi ont beaucoup de mal à définir ce
qui leur a plu. Evidemment, c'est très
bien fait : l'auteur a une imagination débordante,
elle mélange des styles - l'humour, le fantastique,
et des côtés plus pragmatiques-, elle crée des personnages
attachants. Certains adultes aiment Harry Potter pour son univers
magique, parce qu'il leur permet de se replonger dans
un monde d'enfance où tout n'est pas rationnalisé.
A l'inverse, Harry Potter peut aussi séduire grâce
à ce parallèle avec notre propre monde : il ne s'agit
pas d'un monde de sorcellerie où l'on voit juste une
sorcière avec son chaudron et sa bave de crapaud,
mais d'un univers hiérarchisé, avec un ministère,
une école… C'est notre propre monde, en plus excitant.
Enfin, je pense qu'Harry grandit avec ces lecteurs,
d'où un phénomène d'identification qui participe aussi
très nettement à son succès. Moi-même, j'ai grandi
avec lui, et au fur et à mesure les tomes devenaient
plus sombres. Mon regard a évolué, et j'ai du coup
saisi des indices, des parallèles entre fiction et
réalité : par exemple, lorsque le professeur Ombrage
arrive et multiplie les décrets autoritaires [dans
le tome 5], je ne sais pas si à 13 ans j'aurais compris
qu'on assistait là à la naissance d'une dictature.
Harry Potter aide-t-il à faire
mûrir ses lecteurs ?
En tous cas, c'est sûrement
l'un des premiers livres qui suscite autant de vocations,
qui incite autant de personnes à créer autour de lui
: des livres, sites internet, mais aussi toutes ces
théories bâties par les fans, rumeurs… Et puis il
y a ce phénomène des "fanfictions" [histoires
inventées par des fans, mettant en scène les personnages
d'Harry, ndlr]. Je trouve ça bien qu'Harry Potter donne envie
aux jeunes d'écrire.
Harry
Potter, un futur classique ?
En tous cas, on l'étudie
déjà à l'école primaire ou au collège. Certes, on
ne peut quand même pas le ranger dans la même catégorie
de Madame Bovary ou le Cid. Je pense que ce sera un
classique en son genre - un livre dont un des tomes
(le dernier) a été le plus grand lancement de l'histoire
de l'édition, ça laisse forcément des traces. Mais
j'espère qu'il restera dans les mémoires à une place
un peu plus spéciale que n'importe quel best-seller
jeunesse.
Votre
opinion sur les films ?
Bien sûr, comme tous les fans, je préfère nettement
les livres aux films : j'ai été frustré qu'il y ait
autant de raccourcis et de coupures. J'ai trouvé les
2 premiers assez infantiles. Quant au troisième, dont l'adaptation
est complètement différente, je l'ai trouvé plus adulte,
plus sombre, plus lent, avec plus de scènes intimistes.
Votre
personnage préféré ?
A part les trois héros, j'aime bien le professeur
de divination, Sybille Trelawney : extravagante, parée
d'énormes lunettes et de bijoux cliquetants, mais
aussi très humaine quand elle finit par se saoûler
lorsqu'on la renvoie de Poudlard…
Vos animaux préférés ?
J'aime bien ceux qui ont un côté humanisé, comme les
hippogriffes qui sont très sensibles au respect, ou
les Sombrals qui ne sont visibles que par ceux qui
ont regardé la mort en face…
Si
vous deviez tenir un rôle au quidditch ? Attrapeur,
car je suis d'une humeur solitaire.
Que vous inspire le titre
du prochain tome, "Harry et le prince au sang mêlé"
?
Cette info vient à peine d'être révélée et elle a
déjà fait couler tant d'encre chez les fans… Je dirai
juste qu'on peut s'appuyer sur quelques faits : le
sorcier au sang mêlé ne sera ni Harry ni Voldemort
(JKR l'a dit), ni un personnage nouveau, puisqu'elle
a également déclaré que cela avait déjà failli être
le titre du second tome.
Avez-vous
une théorie sur la fin de l'histoire ?
Je suis partagé : d'un côté,
je souhaiterais qu'Harry survive à la série, d'un
autre côté, je serais un peu déçu par une fin trop
optimiste, du style "tout est bien qui finit bien".
Ce genre de fin assimilerait Harry Potter à un livre puéril,
alors qu'il possède justement assez de complexité
pour être aussi apprécié par les adultes. Alors, je
pencherais peut-être pour une fin où Harry et Voldemort
mourraient simultanément…
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