A l'origine
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La mosquée de Damas Photo
© Arnaud Morillon
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La scission du chiisme et du sunnisme remonte aux premiers
temps de l'islam. Après la mort du prophète Mahomet
(632 après J.C.), les premiers musulmans s'affrontent
pour savoir qui prendra désormais la tête du
"peuple des croyants". Les uns voudraient qu'Ali,
gendre et cousin du Prophète prenne le califat (c'est-à-dire
la "succession"). D'autres, en majorité,
lui préfèrent un calife n'appartenant pas
à la famille de Mahomet
: pour eux, il doit être un simple membre de la communauté
des croyants. Ils obtiennent gain de cause et c'est finalement
Abou
Bakr qui est désigné premier imam (guide
spirituel et temporel de la communauté).
En 657, Uthman, 3e calife ayant pris la succession de Mahomet,
est assassiné par un partisan d'Ali. Ali
se voit ainsi ouvrir les voies du pouvoir et devient calife.
Mais très rapidement son autorité est remise en cause
: une partie du clan des Omeyyades
(lié au défunt calife Uthman) et d'anciens compagnons de
Mahomet, proches de la veuve du Prophète Aïcha, réclament
sa déchéance.
Ce conflit de succession va engendrer une scission fondamentale
au sein de l'Islam : d'une part, les chiites reconnaissent
Ali
comme premier successeur de Mahomet.
Avec ses deux fils, Hassan et Hussein, qui lui succèdent,
commence pour les chiites la lignée des imams. De l'autre,
les sunnites majoritaires ne voient en Ali
que le quatrième calife. Les sunnites se sont ainsi
peu à peu ralliés au clan des Omeyyades.
Les particularités doctrinales et les différences théologiques
entre ces deux courants reposent donc sur une querelle du
succession. Ces courants religieux se sont donc construits
sur un socle politique.
» Les
dates principales de l'Histoire de l'Islam
Aujourd'hui
» Pour les sunnites,
le chef de la communauté musulmane est le calife, un homme
ordinaire (et non proche de Dieu), élu par d'autres hommes
dans la communauté des fidèles. Leur système
religieux est moins hiérarchisé que celui des chiites.
» Depuis leur sécession,
les chiites (ceux qui "prennent le parti" d'Ali) accordent
beaucoup plus d'importance à leurs dirigeants religieux
que les sunnites. Concrètement, les chiites considèrent
que la communauté musulmane ne peut être dirigée que par
les descendants de la famille de Mahomet, des imams qui
tirent directement leur autorité de Dieu.