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Al-Bukhârî, al-Sahîh (L'Authentique).
Maghreb, 1727 © BNF, Manuscrits
orientaux
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L'attente d'un Mahdi
Pour les sunnites, le cycle de la prophétie est clos. A
l'opposé, le chiisme attend et prépare l'arrivée
du "Mahdi", sorte de Messie qui "comblera la terre de justice
et d'équité autant qu'elle est actuellement remplie d'injustice
et de tyrannie". Cette attente, qui implique souvent
chez les chiites un rejet de l'ordre actuel et la préparation
de l'arrivée du Mahdi, est un facteur de déstabilisation.
Imamat contre califat
Pour le chiisme, l'existence dépend de la présence d'un
imam, vivant intercesseur entre le monde spirituel
et temporel, entre le Prophète et les croyants. L'imam
est doté, dans le cadre de l'exégèse du Coran de la "connaissance"
et de "l'infaillibilité". Le Coran a un sens évident
et un sens "caché" qu'il faut étudier, et que les imams
sont chargés de transmettre aux fidèles les plus méritants.
Cette importance accordée à l'imam n'a pas d'équivalent
dans le sunnisme et explique l'organisation, la hiérarchisation
et l'autorité du clergé chiite (par exemple, en Iran).
Prédétermination contre action
Le chiisme pratique la méthode du Kalam (raisonnement déductif),
qui insiste sur le raisonnement, l'argumentation, le libre
arbitre et le caractère créé du Coran, à l'opposé du sunnisme.
Les chiites croient en la liberté de la volonté individuelle.
Le sunnisme vient en effet de Sunna, c'est-à-dire la Tradition
du Prophète, qui comprend ses paroles, ses actes et ses
pratiques. Être musulman sunnite revient davantage à
perpétuer mimétiquement la Tradition du Prophète. Les
sunnites croient que le Coran (la parole divine) n'a pas
été créé, et que l'univers et l'Histoire sont prédéterminés.