Depuis la chute de Saddam Hussein, les chiites ont pris
les rênes du pouvoir. Majoritaires et longtemps opprimés
sous la dictature baasiste (parti de Saddam Hussein) sunnite,
les chiites ont désormais les cartes en main : le régime
de Saddam Hussein, en privilégiant les uns et en écrasant
les autres, a renforcé les antagonismes entre ces deux communautés.
Par ailleurs, l'Irak a vu s'implanter sur son territoire
les réseaux sunnites d'Al-Qaida, qui frappent aussi bien
non-musulmans que chiites, considérés comme "incroyants"
car adeptes d'un culte déviant. Par ailleurs, le système
fédéral adopté favorise grandement les chiites : les sunnites
sont au contraire privés de la principale richesse naturelle
du pays, le pétrole. Depuis 3 ans, tueries, destructions
de lieux de culte et grands déplacements massifs de population
en fonction de l'appartenance communautaire s'accumulent.
Si on ne peut nier le caractère communautaire de ce
conflit interne, il ne signifie pas pour autant qu'il nourrit
une rivalité du même ordre au niveau régional. La peur
d'un "arc chiite" relève davantage d'une méfiance à l'égard
de l'Iran et de l'expansion de sa zone d'influence que d'une
peur confessionnelle.