Militante, passionnée,
Danielle Mitterrand est une femme d'action. A l'étroit dans son rôle
de Première dame, elle n'hésite pas à prendre quelques libertés
avec les usages.
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| | Danielle
et François Mitterrand dans les Landes © D.R. | |
Couple de compagnons
Au mois de
mars 1944, la jeune Danielle Gouze rencontre par l'intermédiaire de sa
sœur Christine un certain Morland. Il anime un réseau de résistance à Paris.
Morland n'est autre que François Mitterrand. Deux mois plus tard, Morland-Mitterrand
doit fuir Paris, et c'est Danielle qui l'aide à se cacher en Bourgogne. A bord
du train qui les y emmène, ils jouent les amoureux enlacés afin de tromper
la vigilance de la Gestapo. A leur arrivée, le couple factice se fiance…pour
de vrai. Ils se marient en octobre 1944. La fuite de Paris scelle leur histoire
: ils seront des compagnons de route.
En 1946, alors qu'elle est
enceinte de huit mois, Danielle Mitterrand fait campagne aux côtés
de son mari qui brigue son premier mandat de député. La même année, François Mitterrand
entre au gouvernement comme ministre des Anciens combattants, et Danielle prend
en charge la commission pour la Répartition des subventions aux orphelins. Aux
côtés de son mari, elle fait ainsi le tour des ministères. En 1965, Danielle
Mitterrand s'investit dans la première campagne présidentielle de François
Mitterrand. Elle veut être une femme d'action. Quand il prend la tête du
Parti socialiste en 1971, Danielle sent que l'aventure présidentielle est à portée
de main. Ce qui expliquerait, selon la rumeur, qu'elle refuse de divorcer lorsqu'il
lui apprend sa liaison avec Anne Pingeot, enceinte de Mazarine.
C'est aussi à cette époque que Danielle Mitterrand fait de l'engagement associatif
à l'échelle internationale une priorité. Le 10 mai 1981, Danielle et François
Mitterrand sont ensemble pour découvrir le résultat de l'élection présidentielle.
Les deux compagnons de route entrent à l'Elysée, séparés, mais ensemble !
La première "Présidente" "Je ne suis
pas une potiche" prévient Danielle Mitterrand. La nouvelle Première dame
entend bien imposer son style et être indépendante. Mais peut-être l'est-elle
trop au goût de certains ! Si elle assume toutes ses obligations d'épouse de Président
(réception à l'Elysée, visites officielles, représentation),
Danielle Mitterrand
ne veut pas être une simple observatrice.
| "Je ne suis pas une potiche" |
A
l'Elysée, la "Présidente" a son bureau personnel, même si elle vit toujours dans
son appartement rue de Bièvres. Elle s'y affaire pour sa fondation France-Libertés
qu'elle crée en 1986 et qui a pour mission de défendre les droits de l'homme et
le droit à l'autodétermination des minorités ethniques. Deux domaines très sensibles
lorsque l'on est l'épouse d'un chef d'Etat. Ses interventions pour la cause
kurde ou tibétaine, ses visites à Fidel Castro finissent par agacer le Quai
d'Orsay.
En 1993, Danielle Mitterrand va jusqu'à critiquer publiquement
la politique d'immigration de Charles Pasqua. Cette fois, le Président ne vante
plus la liberté de parole de la Première dame. Dans une tribune intitulée "Qui
veut faire taire Danielle ?", plusieurs députés de la majorité, dont Pierre
Mazeaud, critiquent les prises de positions de la Première dame : ce n'est pas
son rôle. Mais la "Pasionaria" s'en moque, et en mai 1995, elle provoque à nouveau
la classe politique en embrassant Fidel Castro. Jusqu'au 8 janvier 1996, Danielle
reste pourtant le fidèle compagnon de route de François Mitterrand. Fidèle
aussi à ses engagements en faveur des droits de l'homme, Danielle Mitterrand
poursuit toujours son action au sein de la Fondation France-Libertés.
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Bernadette
Chirac