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DOSSIER |
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| Juillet 2005 |
"D'ici 50 ans, un été sur
deux pourrait être aussi chaud qu'en 2003"
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| Serge
Planton est responsable du groupe de recherche climatique
à Météo-France. Il nous explique les résultats de ses
recherches. |
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Comment
sait-on que la terre se réchauffe ?
Grâce à deux observations : les
données de température depuis la fin du 19ème siècle
et les reconstructions de températures faites à partir d'indicateurs
paléoclimatiques (cernes d'arbres, carottages de glaciers, coraux,
...). Nous avons par ailleurs des preuves indirectes du réchauffement,
par exemple le retrait de nombreux glaciers répartis sur toute
la planète, la diminution de l'épaisseur de la banquise arctique
ou encore la diminution de la couverture de neige observée depuis
la fin des années 60.
Quelle est le rôle de l'homme
dans le réchauffement ?
L'essentiel du réchauffement des 50 dernières années est
probablement dû à l'augmentation des concentrations de gaz à
effet de serre liée aux activités humaines. Ces effets sont
au deux tiers attribuables à l'augmentation de la concentration
du gaz carbonique, qui est de plus de 30% depuis le début de
la période industrielle. D'après les scénarios du GIEC, qui
réunit plusieurs centaines d'experts internationaux, le réchauffement
planétaire pourrait être de 1,5° à 6°. Il faut savoir
que l'écart de température moyenne estimé entre une période
glaciaire et une période interglaciaire est de 4 à 6° "seulement".
.
La France va-t-elle
être touchée ?
La France pourrait se réchauffer de 2 à 3° en moyenne
d'ici à la la fin du 21ème siècle. Cela représente un
déplacement d'environ 500 km vers le nord des grandes zones
climatiques. Ce réchauffement s'accompagnerait très probablement
d'une augmentation de la fréquence des épisodes de forte chaleur.
Suivant le même scénario, les étés d'après 2050 pourraient être
une fois sur deux au moins aussi chauds que l'été 2003.
Le réchauffement de la planète
est-il irréversible ?
Même si les émissions de gaz à effet
de serre liées aux activités humaines étaient complètement stoppées,
il faudrait plusieurs siècles pour que la température revienne
à leur valeur de la période pré-industrielle. Sans intervention
humaine, les paléoclimatologues considèrent la température de
l'âge interglaciaire que nous vivons aurait dû rester relativement
stable pendant une vingtaine de milliers d'années avant de décroître
du fait des variations d'orbite de la terre autour du soleil.
Le temps va-t-il être plus difficile
à prévoir ?
Les prévisions ne seront ni plus faciles
ni plus difficiles car les caractéristiques générales de la
variabilité du temps restent les mêmes . Ce qui changerait,
ce serait la fréquence des régimes climatiques que nous connaissons
actuellement. Dans une atmosphère plus chaude, on s'attend par
exemple à plus de perturbations pluvieuses en hiver sur l'ouest
de l'Europe.
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Rédaction L'Internaute
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