L'idée d'adoucir la fin de vie par la médecine est apparue dès les années
1960 en Angleterre. En France, la première unité de soins palliatifs est
mise en place en 1987 à l'hôpital de la Cité universitaire de Paris, et ce
n'est qu'en 1996 que la Société française d'accompagnement et des soins palliatifs
les définit avec précision comme des "soins actifs permettant de soulager
les douleurs physiques et de prendre en compte la souffrance psychologique,
sociale et spirituelle". Mais l'avènement des soins palliatifs a aussi
ouvert le débat sur l'euthanasie.
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Les soins palliatifs ont pour but d'améliorer
la qualité de la fin de la vie. © Getty
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Mourir dignement, un droit humain
Chaque année, environ 50 000 personnes (sur 550 000 décès)
meurent après une maladie longue et incurable en soins palliatifs, alors
que certaines estimations évaluent à 150 000 les personnes qui
pourraient en bénéficier dans les semaines précédant leur mort.
Cette prise en charge est une priorité de santé publique. Mais les moyens
des hôpitaux restent insuffisants. Solution à la demande d'euthanasie active,
les soins de fin de vie doivent améliorer le confort du malade, favoriser
son mieux-être et limiter les effets indésirables liés aux traitements médicaux.
Il ne s'agit pas d'allonger la durée de la vie, mais d'en améliorer la qualité
et de permettre au malade ou à la personne âgée de mourir dignement.
L'euthanasie, toujours en débat
Pour autant, le débat sur l'euthanasie n'est pas clos. Si déjà en 2002,
88 % des Français déclaraient lors d'un sondage être favorables à
l'euthanasie pour "des personnes atteintes de maladies insupportables et
incurables", les hommes politiques sont frileux sur le sujet. En 2005,
la médiatisation de l'affaire Humbert avait relancé le processus législatif.
Votée cette année-là, la loi Leonetti réaffirme la priorité
donnée aux soins palliatifs et encadre l'euthanasie passive, c'est-à-dire
l'arrêt des traitements de la maladie ou de réanimation. L'euthanasie active,
qui suppose qu'une tierce personne provoque la mort, est quant à elle toujours
sanctionnée pénalement. Mais en janvier 2006, le procureur a requis
un non-lieu général à l'encontre du Docteur Frédéric Chaussoy et de Marie
Humbert qui avaient aidé Vincent Humbert à mourir.
Pendant la campagne présidentielle de 2007, Nicolas Sarkozy s'est prononcé
contre une loi sur l'euthanasie, préférant "faire confiance au dialogue entre
les médecins et les familles". Jean-Luc Roméro, président de l'Association
pour le droit de mourir dans la dignité (ADMD), appelle cependant le gouvernement
et les députés à mettre fin à cette hypocrisie et à s'inspirer des pays,
comme la Belgique et les Pays Bas, qui ont autorisé l'euthanasie, tout en
fixant les conditions dans lesquelles elle est pratiquée.
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