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En 2004, une polémique a visé Nicolas Sarkozy, alors ministre de l'Economie, lorsqu'il a reçu l'acteur américain Tom Cruise, membre éminent de l'Eglise de Scientologie. Certains y ont vu une libéralisation des contraintes pesant sur ce groupe, voire un assouplissement envers tous les mouvements considérés jusqu'alors comme sectaires.

 

Un organisme pas assez répressif

 
Jean-Michel Roulet est président de la Miviludes depuis octobre 2005. © Miviludes
 

En 2008, l'aspect non contraignant de l'organisme de surveillance des "sectes" est attaqué par plusieurs personnalités politiques. Début février 2008, Michèle Alliot-Marie, ministre de l'Intérieur, explique vouloir renforcer la répression contre les dérives sectaires tout en ne remettant pas en cause le rôle de réflexion et de proposition de la Miviludes. La ministre souhaite s'inspirer de méthode des Groupements régionaux d'intervention pour faire travailler ensemble les services du fisc, de l'Education nationale, du travail et de l'emploi contre les dérives sectaires. Ainsi, en surveillant les avoirs financiers de certains groupes et en remontant à leur origine, les pouvoirs publics pourront agir si ces sommes ont été obtenus par escroquerie dans le cas de dérives sectaires. Quinze jours plus tard, une circulaire a été envoyée aux préfets dans laquelle la ministre leur demande de "mener une action coordonnée de lutte contre les dérives sectaires" de créer des groupes de travail spécifiques avant le 15 avril.


La Miviludes bientôt transformée ?

Toujours en février, les propos d'Emmanuelle Mignon, directrice de cabinet du président de la République, ont eux aussi déclenché une polémique. Dans un entretien au magazine VSD, elle affirmait que les sectes étaient "un non-problème", avant de démentir ses propos. Elle a cité l'exemple de l'Eglise de Scientologie, qui figurait dans la liste des "sectes" en 1995, et sur lequel elle a déclaré "ou bien c'est une dangereuse organisation et on l'interdit, ou alors ils ne représentent pas de manace particulière pour l'ordre public et ils ont le droit d'exister en paix". La collaboratice de Nicolas Sarkozy a également pointé du doigt la Miviludes en expliquant que le gouvernement allait la transformer "en quelque chose de plus efficace et en finir avec le bla-bla". Un nouvel organisme répressif, relié au ministère de l'Intérieur, pourrait voir le jour.

Après ces critiques du rôle et des actions de l'organisme chargé de la surveillance des mouvements sectaires, les autorités de défenses des individus et des victimes ont, elles aussi, fait entendre leur voix. L'Union nationale des associations de défense des familles et individus (Unadfi) demande une plus grande prise en compte des victimes de dérives sectaires.


Comment définissez-vous les sectes ?
L'Etat réfléchit actuellement à une redéfinition de la notion de "mouvement sectaire". L'Etat a-t-il son mot à dire dans cette définition ? Participez

 

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