Sommaire

En savoir plus

Sujet illustré

La Miviludes pointe régulièrement du doigt les nouvelles tendances à la mode parmi les mouvements sectaires. Dans son rapport publié en avril 2008, elle met en avant deux nouveaux phénomènes en expansion : les pratiques dérivées de la psychothérapie et le satanisme.

 

Les détournements de la psychothérapie

 

 
© Getty Images
 

En 2008, la Miviludes attire l'attention sur une pratique dite de psychotérapie, née en Amérique du Nord au XXe siècle : les souvenirs induits. Le thérapeute, souvent non qualifié professionnellement, ramène toutes les difficultés de son patient à des souvenirs occultés, parfois depuis l'enfance. Les souvenirs "induits" peuvent être : un abus sexuel, des cas de maltraitance, un enlèvement par des extra-terrestres, une vie antérieure...

Dans son plus récent rapport, la Miviludes note une progression inquiétante de ce phénomène. Les victimes, en demande d'accompagnement psychologique, sont à 80 % des femmes et âgées, en moyenne, de 33 ans. Les faits prétendument dénoncés remontent soit à la période avant quatre ans, soit jusqu’à dix, onze ans ou plus vaguement quand celle qui se dit victime était "petite". La plupart de ces souvenirs sont des abus sexuels. Et dans la très grande majorité des cas, la personne responsable appartient au cercle familial et est souvent le père. Le faux souvenir bouleverse alors les relations familiales et éloigne de ses proches la personne accusatrice. Divorces, suicides et diverses ruptures et drames leur sont directement liés.


En 2006, la mission interministérielle mettait en avant une autre méthode de psychothérapie également venue d'Amérique du nord, "l'Analyse Transactionnelle". Celle-ci, utilisée par des pseudo-praticiens, parfois autoproclamés, est susceptible d'avoir des conséquences dramatiques. Cette méthode se pratique sous forme d'exercices destinés à "harmoniser les trois stades du moi : le parent que vous avez eu, l’enfant que vous avez été un jour, et l’adulte que vous êtes". Les dangers proviennent de l'utilisation des fragilités des patients lors de scénarios qui reproduisent les rôles de père, mère et enfant dont certains ressortent traumatisés.

Un an aupravant, la Miviludes mettait en garde l'opinion contre l'émergence de pratiques chamaniques faisant appel à la prise de produits hallucinogènes, comme l'ayahuasca, l'iboga ou le datura. Des stages de "mieux-être" et de cures de désintoxication, sans aucun contrôle médical scientifique ou psychologique utilisent de telles substances, sous forme de rituel. Leur absorption à haute dose, dangereuse pour le corps, facilite l'endoctrinement et a été la cause de plusieurs suicides en France depuis 2005.

 

Le risque satanique toujours aussi présent

En vogue depuis quelques années, le satanisme est aussi "à la mode". La Mission relève qu'en 2007, les profanations à caractères sataniques (croix renversées, pentagrammes et chiffres démoniaques) ont augmenté de 300 % sur les trois dernières années. 92 cas de profanations de ce type ont été ainsi recensées de janvier à novembre 2007. Les suicides de jeunes, liés à l'appartenance à une mouvance satanique et les actes de barbarie, notamment en direction des animaux, sont eux-aussi en augmentation.
Les adeptes du satanisme sont estimés à 25 000 en France. Souvent adolescents, à 80 % âgés de moins de 21 ans, ils forment de petits groupes, peu organisés, où l’adhésion au satanisme est souvent vécue comme une étape initiatique, "un désir de se mettre à l’épreuve par la transgression des normes sociales". En 2006, la Bretagne avait été très touchée par de multiples actes relevant du domaine sectaire et satanique.

 

 

Comment définissez-vous les sectes ?
L'Etat réfléchit actuellement à une redéfinition de la notion de "mouvement sectaire". L'Etat a-t-il son mot à dire dans cette définition ? Participez



» 
Lire la suite : En savoir plus


Magazine SavoirEnvoyerImprimerHaut de page

Accueil

Connexion

Mon compte

Déconnexion

rechercher