Pilule contraceptive, hausse de salaire, fin de certains tabous, changements dans l'éducation, liberté sexuelle... Mai 68 a-t-il changé quelque chose dans votre vie ? Témoignez-en sur L'Internaute.
Qu'a changé, concrètement, mai 68 dans
votre vie et dans votre entourage ?
Rien.
Les
événements de Mai 68 vous ont-ils amené à changer d'avis sur certains sujets
(sexualité, éducation, autorité...). Lesquels et pourquoi ?
Non, mais ils m'aident à me forger un avis sur "les manquements" à l'heure d'aujourd'hui...
Education, autorité, rapports homme-femme... Selon vous,
à quoi ressemblerait la société d'aujourd'hui si mai 68 n'avait jamais eu lieu
?
Il y aurait moins de permissivité, plus de responsabilité et moins d'individualisme. Un souci plus marqué pour l'intérêt commun et l'avenir des jeunes. Bref un monde chiant qui nous amènerait ailleurs que dans l'impasse ou nous nous trouvons !
Gérard
J'y étais, je les ai vus... Je les ai vus entrer dans le gris de la grisaille des «gratte menu», des petits bourgeois aux bedons tout ronds, gorgés d’avantages « z’aquis ». Véritables mafiosi -le danger en moins- ils ont mis en coupe réglée une partie importante de l’économie. Ces héros ont su, par leur puissance de nuisance, s’arroger le droit de distribuer les prébendes. Il est vrai qu’il y a eu de courageuses luttes, toujours épiques… entre les divers syndicats !
Les magnifiques et hardis contestataires débordaient d’enthousiasme ! Il suffisait de voir avec quelle passion ils abordaient le devenir de l’Homme – en commençant par le bon bout : «eux-mêmes ! Tout de suite ! ».
Ah les vaillants héros en peau de lapin ; la tête recouverte d'un journal en "chapeau de gendarme" ils sautillaient en agitant leurs sabres en bois ! Ils étaient prêts à tout affronter pourvu que ce soit couvert par leur multirisques syndicale. Ils promettaient même, dès l’automne, affronter les frimas et défiler de république à bastille.
Je n’ai pas aimé ces tristes jocrisses. Ils m'ont semblé être des fruits pas encore mûrs mais déjà secs, un peu rancis par l’envie, la jalousie, par la certitude de savoir qu’ils n’auront jamais, même une vague velléité d’« aller voir » l’autre, même pas un vague désir de quitter la tiédeur de leur nombril.
Ils sont… tellement franchouillards : Pétainiste, Gaulliste ? C’est affaire d’opportunité et de timing… Ils sont capables d’ élire, à la majorité, un mit’rand voire un Chirac…un Jospin…De glousser de plaisir à lecture du "petit livre rouge" voire à l’écoute d’une Aubry leur promettant qu’ils auront plus en faisant moins. Ils sont résignés à être résigné. Pas tout à fait ! Reste encore une zone de combat sacré: la valeur du point, l’indice de la fonction (ou l’inverse)
Jean Guibon
Patrick vous avez entièrement raison, le problème c'est que toute la vérité n'a pas encore été dévoilée