En France, un fonctionnaire ne peut être révoqué que pour faute grave, après passage devant un conseil de discipline. Cette sécurité de l'emploi, réservée en France aux seuls employés de la Fonction publique, n'existe pas dans tous les pays, notamment pas en Grande-Bretagne ni en Suisse. Pensez-vous qu'il faille assouplir les conditions de révocation des fonctionnaires en France ? Participez
L'honneur du service public Simone Allio, Brehan A votre avis, faut-il assouplir les conditions de révocation des fonctionnaires ? Pourquoi ? Oui. Il faut qu'un fonctionnaire, agent du service public, comprenne qu'il a d'abord des devoirs avant d'avoir des droits. J'ai été longtemps responsable du personnel dans la fonction publique hospitalière. J'y ai rencontré des gens admirables mais aussi des tire-au-flanc et des fumistes, qui ne voulaient que profiter du système confortable en place et qui se permettaient n'importe quoi parce qu'ils étaient certains de l'impunité. Car, pour mettre en place un conseil de discipline, il faut s'accrocher... Je vous passe les détails et les syndicats, là aussi, font le jeu des agents qui ignorent la grandeur de la notion de service public totalement au service de la population. Au risque de mettre à l'index les agents responsables et dévoués dont malheureusement on ne parle jamais et qui sont menacés dans leur quotidien si leur position n'est pas celle de certains syndicats.
Quelles sont, à votre avis, les conséquences positives ou négatives de la "sécurité de l’emploi" des fonctionnaires ? Conséquences positives : évidentes (sécurité de l'emploi). Négatives (peut-être), salaire basé sur une grille assez lente pour les professions de base... Mais la possibilité de passer des concours et de faire des formations qualifiantes est réelle et très intéressante ! La preuve en ce qui me concerne : j'ai débuté en qualité de dactylographe auxiliaire (catégorie C) et je suis partie en retraite avec le grade d'attachée d'administration hospitalière (catégorie A) alors que je n'avais même pas mon bac au départ ! C'est vrai que que je me suis accrochée et que je suis d'un naturel responsable et suis respectueuse du statut de la fonction publique. A ma retraite, j'ai subi une légère décote car je n'ai pas toujours travaillé dans le public mais quelques années à l'étranger. Ceci dit, je ne me suis jamais révoltée contre ce qui me semblait une évidence afin de maintenir un système de retraite qui est déjà très favorable aux fonctionnaires.
Si les possibilités de révocation étaient assouplies, trouveriez-vous normal que les fonctionnaires demandent des compensations ? Lesquelles ? Non. Ils ne doivent pas avoir de compensations si leur révocation est justifiée.