De plus en plus de parents, se déclarant déçus par l’école publique, choisissent de scolariser leurs enfants dans le privé. Pour quelle raison refusez-vous ? Au contraire, avez-vous choisi de mettre votre enfant dans le privé ? Quels sont les avantages et les défauts des deux systèmes ? Donnez votre avis. Participez
Compétence ou idéologie ? Roger, Angers Pour quelle raison refusez-vous ou au contraire avez-vous choisi de mettre votre enfant dans le privé ? Mon 1er enfant a toujours été dans le public, comme moi-même et mes frères et soeur. C'est une carte scolaire appliquée bêtement, dans 2 villes différentes, qui m'a obligé à mettre mes 2 autres enfants dans le privé, et non une quelconque conviction religieuse ou idéologique. Je m'en suis fort bien accommodé au point même de prendre des responsabilités importantes pendant 7 ans dans l'organisme de gestion de l'école (ogec). J'ai pu en voir le fonctionnement de l'intérieur et je peux témoigner de la totale indépendance de gestion des parents d'élèves impliqués dans cet ogec, la tutelle de l'enseignement catholique étant limitée à la gestion des personnels enseignants payés par l'état, et à la propriété du parc immobilier mis gratuitement à la disposition de l'école qui doit en assumer une utilisation en "bon père de famille". J’ai pu noter l’implication personnelle des enseignants dans l’éducation de mes enfants, bien au-delà de ce que je n’avais connu que rarement dans le public. Implication aussi des parents, tant dans l'ogec (gestion matérielle) que dans l’apel (animation de l’école) et dans le projet pédagogique. Et qu’on ne vienne pas me dire que l’école privée est une école de riches, car notre école accueillait des enfants d’origine très diverses et jamais, au grand jamais, nous n’avons exclu un enfant dont la famille avait des retards de paiement dans des contributions scolaires relativement modestes (les plus en retards n’étaient pas ceux que l’on aurait pu penser, bien au contraire). J'ai même vu la commune demander à l'école privée de prendre en charge des élèves difficiles dont plus aucune école publique de la ville ne voulait s'occuper, ce qui fut fait avec bonheur pour certains d'entre eux, mais pas tous car l'école privée ne voulait pas devenir non plus la "poubelle" du public (financement assuré par des organismes sociaux : bizarrement, cela ne posait plus de problème ! ). Qu’on ne vienne pas dire non plus que l’école privée « vole » l’argent du public : dans le public, l’investissement et le fonctionnement sont payés par nos impôts ; dans le privé, le fonctionnement est payé par nos impôts sur la base du coût par élève constaté dans le public, l’investissement étant payé par les parents d’élèves qui paient donc 2 fois l'investissement une fois pour le privé comme parents d'élèves, et une 2ème fois pour le public en leur qualité de contribuable.
Quels sont les avantages et les défauts des deux systèmes ? Public : la pesanteur de l'institution fait que rien ne peut bouger facilement au point d'ailleurs que le mammouth va finir par s'effondrer sur lui-même. Les directeurs d'école ne dirigent rien, juste de l'administratif, et les enseignants vivent dans leur monde totalement déconnecté de la vie réelle. Je les ai fréquentés dans ma vie professionnelle et je frissonne encore à l'idée que j'aurais pu confier une partie de l'éducation de mes enfants à certains d'entre eux, pas tous fort heureusement. Privé : un directeur qui dirige des enseignants motivés et en communication permanente avec les parents. Bien sûr, si les parents se considèrent comme des clients de l’école à qui ils soutraitent l’éducation de leurs enfants, les enseignants du public comme du privé peuvent se trouver fort démunis, mais l’avantage du privé est d’inciter les parents à s’impliquer et à ne plus se comporter seulement en « clients ».
Dans quel domaine souhaiteriez-vous que le public prenne davantage modèle sur le privé et inversement ? Rendre les écoles publiques plus autonomes, les directeurs plus responsables (avec décharge de temps significative et indemnisation de la fonction réellement exercée). Intéresser les enseignants aux résultats (positivement et négativement). Impliquer les parents comme dans le privé (je sais, cela va faire frissonner d'horreur certains de nos enseignants du public habitués au confort de l'irresponsabilité). Mettre les meilleurs enseignants dans les écoles difficiles (et non pas l'inverse) en les payant en conséquence.