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ART ET SCIENCE
 
Août 2006

Bio-art : un art mutant

A priori, rien de commun entre la biologie et l'art. A priori seulement. Car certains artistes contemporains ont transformé leur atelier en laboratoire, et troqué leur pinceau contre une blouse blanche. Qui sont ces nouveaux artistes ? Quelques exemples.

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Alba, la lapine fluorescente transgénique créée par un artiste avec l'aide de l'INRA. Photo © DR

Leurs créations remplissent tantôt les pages culturelles, tantôt la rubrique scientifique des journaux. Et pour cause : difficile de savoir si les travaux des bioartistes sont de nature artistique ou scientifique.

Des bioartistes ? C'est ainsi qu'on nomme ces artistes apparus dans les années 1980, et qui explorent le corps, cultivent des fleurs inédites, des animaux mutants ou dont les œuvres utilisent la matière organique.

Art génétique, art cellulaire

Par exemple, Marta de Menezes travaille sur des papillons : elle modifie les motifs de leurs ailes en piquant leur chrysalide à des points précis. Au final : des oeuvres éphémères et sans modification génétique.

Eduardo Kac, lui, va plus loin. Travaillant avec l'INRA, il a crée en 2000 une lapine transgénique nommée Alba. Sa particularité : elle possède un gène de méduse qui la rend verte fluorescente sous les UV. Selon son créateur, il s'agit d'art transgénique : une forme artistique faisant appel au génie génétique en vue de créer des hybrides vivants uniques. Kac ne s'arrête pas là puisqu'il compte produire un chien qui possédera le gène de la fameuse protéine fluorescente dans son ADN. Pionnier en la matière, Kac est très critiqué et son travail controversé. Pas étonnant, à une époque où des expériences génétiques discutables sont tenues dans le monde entier !

"Un artiste projette même de se faire transfuser du sang de panda rendu compatible !"

Encore plus incroyable ? Polona Tratnik, une artiste slovène, elle, cultive des cellules. Ses propres cellules de peau pour être exact. Placées dans 3 aquariums, et soumises à des conditions de température différentes, elles meurent et se décomposent, se multiplient ou restent au repos. Et c'est ce que le visiteur peut observer.

Art, science ou inconscience ?

Parfois les expérimentations du bio-art sont de véritables performances en relation avec le propre corps de l'artiste. L'un d'eux projette même de se faire transfuser du sang de panda rendu compatible !

Où s'arrête la science et où commence l'art ? La frontière est floue. Les pinceaux ont été troqués contre les technologies les plus à la pointe. Le bio-art ne serait donc qu'une actualisation des techniques ? Pas seulement : tous ces bio-artistes utilisent la science pour explorer un nouveau discours. Grâce à la science, ils mettent à nu les peurs traditionnellement inspirées par elle.

 

EN IMAGES La science à l'œuvre (d'art)
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