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ART ET SCIENCE
 
Octobre 2006

L'impressionnisme : la science des contrastes

Jamais un physicien ou un chimiste n'aurait imaginé bouleverser un jour la peinture française avec une de ses inventions. Et pourtant, c'est bien le cas ! Découvrez comment, grâce à la science de l'optique, les peintres impressionnistes ont révolutionné leur art.

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Durant la seconde moitié du XIXe siècle, alors que la majeure partie des peintres français s'acharne à reproduire parfaitement, toujours et encore, les traditionnelles statues antiques, les peintres impressionnistes vont s'affirmer et créer une petite révolution. Leurs œuvres sont élaborées à partir de la connaissance scientifique de la lumière et des couleurs.

 

Impression, soleil levant. Tableau de Claude Monet, chef de file des impressionnistes, conservé au musée marmottan de Paris. © DR

Pas de couleur sans lumière

Pour ces artistes, pas de peinture en atelier ni de dessins préparatoires. Pour capturer la lumière réelle et retranscrire leur ressenti, rien de tel que la peinture en plein air. Mais cela nécessite une bonne connaissance de la lumière.

Les travaux d'Isaac Newton sur la décomposition de la lumière blanche ont donné un cadre scientifique à la couleur. Isolant trois couleurs primaires (rouge, bleu, vert) et trois complémentaires (vert, violet, orange). Avant, elle n'était considérée, selon l'expression d'Aristote, que comme un simple accident de la lumière !

 

Décomposition de la lumière blanche avec les trois couleurs primaires (rouge, vert, bleu) et leurs trois complémentaires (vert, violet, orange). Photo © iconeoclaste

La révolution des contrastes

Les impressionnistes poursuivent un objectif commun : capturer et immortaliser un instant de la vie quotidienne, comme un passant ou un paysage. Très éloignés des sujets et des techniques académiques, ils vont réaliser cette envie grâce aux découvertes du chimiste français Chevreul et à sa loi des contrastes simultanés de 1839.

Cette dernière théorise la juxtaposition des couleurs primaires et complémentaires. Elle va permettre au peintre d'apprendre à poser ses pigments pour les valoriser davantage. Ainsi, pour qu'un bleu soit plus intense, il pose une touche de orange juste à côté. De même, la différence entre deux tons semblables, deux verts par exemple, va être beaucoup plus visible s'ils sont accollés.

Ce travail va permettre d'obtenir un rendu des plus réalistes car on ne mélange plus les pigments sur la palette pour obtenir une couleur. Se servant de l'optique, les tons vont se juxtaposer de façon à ce que le mélange se crée dans l'œil.

La couleur maîtrisée, elle va créer le volume, la perspective et le relief. Cette innovation n'a pas toujours séduit le public. D'abord exposés au salon des refusés, les peintres impressionnistes aujourd'hui reconnus ont créé une nouvelle tradition en s'inspirant de travaux scientifiques.

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