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Février 2007

Comment les plantes carnivores digèrent-elles leurs proies ?

Mouches, moustiques et autres insectes :c'est le menu atypique des plantes carnivores. Pourtant elles ne possèdent pas d'estomac et encore moins de tube digestif. Alors, comment s'y prennent-elles pour digérer tout ce beau monde ?

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Les plantes carnivores peuvent avoir des pièges différents. © Extraits de la Galerie Photo de L'Internaute

Les plantes carnivores sont des plantes comme les autres, à ceci près qu'en plus d'être capables de synthétiser de la matière organique à partir d'eau, de gaz carbonique, de minéraux et de lumière, elles peuvent, comme les animaux, tirer profit de la matière organique fournie par une proie.

Manger des insectes, oui, mais en morceaux

La plupart des plantes vertes ne peuvent assimiler l'azote que par les racines, et sous forme d'ion nitrique, éventuellement d'ion nitreux ou ammoniacal. C'est ensuite, dans la plante, que cet azote nitrique est réduit en azote ammoniacal, (NH4+), puis incorporé sous forme d'acides aminés.

Les plantes carnivores, elles, sont adaptées à la vie dans des régions pauvres en azote assimilable. Leur moyen de survie : l'azote organique, venu d'une proie. Le plus souvent, il s'agit d'un insecte de petite taille, qui sera soit noyé dans une urne, soit retenu prisonnier entre deux parties de feuille.

"La digestion des proies peut se réaliser selon deux procédés : à l'aide d'enzymes, ou de bactéries"

Seulement, une fois prisonnier, et quelle que soit la technique de capture, il faut transformer cet insecte en azote assimilable. C'est pourquoi il faut le digérer. Digérer les proies, c'est les couper en "briques" suffisamment petites pour qu'elles puissent entrer dans les cellules. En cela, le processus est le même que celui qui gouverne la digestion humaine. Contrairement aux animaux, en revanche, une plante carnivore ne possède pas de système digestif. Alors ?

Le pouvoir coupant des enzymes et bactéries

La digestion des proies peut se réaliser selon deux procédés : à l'aide d'enzymes, ou à l'aide de bactéries (les processus en jeu chez l'homme utilisent les deux). Les enzymes qui servent à digérer sont aussi appelés sucs digestifs. Elles peuvent être secrétées de manière continue par la plante (comme chez les Nepenthes). Mais cela coûte de l'énergie et certaines plantes (comme chez les Dioneae), au contraire, ne produisent des enzymes qu'en cas de besoin, c'est-à-dire en présence de la proie. Lorsque l'insecte est capturé, il libère tout un cortège de molécules : celles-ci stimulent les cellules sécrétrices de la plante qui déversent alors leur contenu enzymatique.

L'autre solution vient des bactéries présentes sur la plante. Ce sont elles qui assurent la digestion des proies en hydrolysant leur matière organique et libèrent ainsi les éléments nutritifs dont a besoin la plante qui est dite alors protocarnivore.

Où se passe la digestion ? Il faut que les enzymes rencontrent leur substrat, et cela nécessite un contact étroit. Le mieux, c'est que la proie soit immergée, au moins partiellement, dans une soupe enzymatique ou emprisonnée dans un mucilage, sorte de gelée gluante gorgée d'eau. Chez certaines espèces, le fond des urnes est un "estomac" parfait. Chez d'autres, la digestion se fera au sein du mucilage, collée dans les feuilles.

Une longue digestion

  • En savoir plus
  • Le Nepenthes rajah est une plante carnivore avec des pièges de type "urne" qui peuvent mesurer 40 cm. Il est connu pour occasionnellement piéger des vertébrés et même de petits mammifères.

Petit à petit, la proie est coupée en tous petits morceaux, les acides aminés, facilement absorbés par la plante. Au bout de quelques heures, les acides aminés circulent dans les feuilles dans des vaisseaux appelés xylème. Ils passent ensuite dans la tige et descendent aux racines.

Deux à trois semaines seront nécessaires pour une digestion complète. Enfin, quasi complète : dans le piège, il reste encore une carapace desséchée. En effet, Les plantes carnivores n'ont pas d'enzymes capables de digérer l'exosquelette des insectes.

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