Bioéthique et débat

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La France est l'un des tous premiers pays à s'être immédiatement penché sur les problèmes d'éthiques soulevés par les progrès scientifiques. Elle compte parmi les législations les plus sévères. Certains chercheurs estiment qu'elles entravent les avancées de la recherche.

 
La France affiche un retard certain dans les avancées thérapeutiques par rapport à d'autres pays comme les Etats-Unis ou l'Angleterre. Photo © Getty images
 

Une législation contraignante ?

Il est indéniable que la France affiche les lois les plus difficiles par rapport à ces voisins européens. Le clonage thérapeutique est interdit contrairement au Royaume-Uni. L'utilisation de cellules souches embryonnaires humaines pour étudier les mécanismes de maladies génétiques ou neurodégénératives est possible que pour un nombre restreint de laboratoires, et encore…
Difficile dans ces conditions d'imaginer que notre pays et surtout la recherche française puissent rivaliser avec ses pays voisins, beaucoup plus ouverts au dialogue. Résultat : certains de nos chercheurs n'hésitent plus à quitter le pays pour mener leurs recherches outre-Manche ou carrément outre-Atlantique. Cette fuite des cerveaux ne s'explique pas uniquement par une législation française trop exclusive mais également par le manque de considération de la France pour les scientifiques et les faibles moyens financiers alloués à la recherche.

Des brevets difficiles à obtenir

Pour les entreprises françaises, la difficulté réside dans l'obtention de brevets sur le séquençage de gènes et des applications qui en découlent. La Loi est claire à ce sujet : le génome humain est un patrimoine collectif qui appartient à l'Humanité.
Les chefs d'entreprises pharmaceutiques qui engloutissent des sommes considérables dans la recherche privée attendent un retour sur investissement. Plutôt légitime comme raisonnement même si cela peut en choquer plus d'un que l'on fasse des affaires sur le vivant. Pour éviter toutes dérives, les lois françaises interdisent la brevetabilité du génome mais autorisent celle des applications thérapeutiques qui découlent de son décodage, après une étude minutieuse.
Cette course aux brevets pousse plusieurs entreprises à quitter le territoire français. Pour contrebalancer cet effet, ne serait-il pas judicieux de développer le financement de la recherche publique ? La France est clairement en retard sur les avancées de traitements de maladies.



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