L'homme bionique

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Le cerveau est l'organe de notre corps le plus complexe mais aussi le plus fascinant par sa plasticité, son aptitude à tout commander dans notre organisme. Les chercheurs travaillent à sa compréhension afin d'aider les personnes lourdement handicapées et qui sait, leur permettre un jour de remarcher.

"Lève-toi et marche"

Cette célèbre phrase tirée de la Bible est le nom donné à un programme européen en 2000 et dirigé par le professeur Pierre Rabischong, chercheur à l'INSERM de Montpellier. L'objectif de ce projet est de mettre au point un mécanisme technologique pour aider les paralysés à retrouver une certaine motricité.

Tout part d'un constat simple : lors d'une lésion de la moelle épinière, tous les nerfs et les muscles situés en dessous de cette lésion sont totalement déconnectés du cerveau, d'où une paralysie des membres car les influx nerveux cérébraux ne leur parviennent plus. Un seul moyen pour y remédier : incorporer un genre de deuxième cerveau sous la lésion. Comment ? En plaçant une puce qui va stimuler les nerfs par des impulsions électriques : c'est l'électrostimulation.

Une puce en guise de cerveau

Marc Merger, paraplégique depuis 10 ans, s'est prêté à cette expérience en mars 2000. Les chirurgiens lui ont implanté dans l'abdomen une puce enfermée dans un cylindre en céramique (léger et résistant). Ce micro-circuit est relié aux nerfs et muscles locomoteurs via des électrodes reliés à des câbles en acier recouverts de Téflon (fonction isolante). La puce envoie des stimulations électriques aux nerfs et aux muscles agonistes et antagonistes (ce sont les muscles complémentaires d'un membre; l'un se contracte pendant que l'autre se relâche). Un boîtier extérieur commande le stimulateur par des ondes radio.

Le 17 mars 2000, Marc Merger a pu faire quelques pas, soutenu par des béquilles, pour la première fois depuis dix ans. Un véritable message d'espoir pour tous les handicapés. Mais cet exploit nécessite de prendre du recul car certes, le message afférent peut être rétabli mais le message efférent provenant des membres inférieurs ne peut pas revenir au cerveau ou à la puce. Ils ne pourront, donc pas se déplacer sans un soutien et auront toujours des difficultés urinaires, sexuelles et surtout sensitives. Pour bénéficier de cette technologie, il faut que la lésion épinière se soit effectuée entre les vertèbres thoraciques 4 et 11. Au delà, les patient ne peuvent pas en profiter. Autre obstacle : le coût. L'intervention coûte pas loin de 20 000 euros.


Une seconde peau révolutionnaire

Une autre découverte faite par les Japonais permettrait aux personnes âgées ou aux individus souffrant d'insuffisance musculaire de retrouver une mobilité normale : c'est l'exosquelette ou HLA (Hybrid Assistive Limb).

La société Cyberdyne a mis au point une combinaison-robot à l'image de Robocop. Elle est dotée d'une centaine de capteurs disséminés sur toute sa surface. Ils détectent sur la peau les moindres influx nerveux encore perceptibles créés par le mouvement musculaire. Leur détection permet l'activation de moteurs qui vont aider la personne à effectuer son mouvement normalement, avec plus d'aisance. Le dernier né de la gamme HLA pèse un peu moins de 15 kilogrammes. Certes, ce n'est pas vraiment léger.

Mais cette technique soulève une controverse car les Américains ont élaboré pour les militaires le même d'exosquelette. Objectif : décupler leur force par 7. On est proche de la science-fiction.

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