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Novembre 2005

Courir plus vite

Les records du monde ne cessent d'être battus, que ce soit au 100 mètres ou au marathon. Les sportifs professionnels adoptent des entraînements sur mesure pour dépasser leurs limites.
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9 secondes 77 : c'est le record du monde du 100 m, détenu aujourd'hui par Asafa Powell. Un record qui ne cesse de s'améliorer, même si les marges sont de plus en plus ténues.

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Selon plusieurs experts du sprint, la vitesse maximale que peut atteindre l'être humain serait de 12m/s (environ 43 km/h). C'est en effet la vitesse mesurée en pleine course pour Powell, et elle n'a d'ailleurs pas progressé depuis l'époque du double champion olympique Valeri Borzov, en 1972. Cette limite constituerait donc bien une sorte de seuil infranchissable.

Les progrès se font ailleurs : dans le temps mis à atteindre cette vitesse et surtout dans la capacité à lutter contre la décélération, qui intervient généralement après 70 à 80 m. Pour battre un record, il faut conserver une technique parfaite de bout en bout de la course.

Et où va-t-on s'arrêter ?
Même sans dopage, il reste de grandes marges de progression pour améliorer les records de vitesse.
D'après Véronique Billat, directrice d'un laboratoire d'études sur l'entraînement sportif et professeur de physiologie, "les marges de progression sont énormes". Elle prédit un record de 9''50 d'ici à cinq ans. Pour y parvenir, une entraînement technique et physique extraordinairement précis sera nécessaire.

Premièrement, l'athlète peut agir sur sa puissance métabolique, c'est-à-dire sa capacité à transformer l'énergie chimique qu'il a stockée sous forme de glucides, lipides, protides en énergie mécanique.

Cette puissance peut être augmentée grâce à la phosphocréatine, un composé phosphoré immédiatement disponible dans le muscle. Ce composé agit comme un "carburant de secours" : sous son action, les muscles se raccourcissent très vite, et peuvent donc produire des mouvements rapides.

Un bon entraînement, alternant des séries de 30 à 50 mètres avec des récupérations de quelques minutes, permet justement d'augmenter le stockage de la phosphocréatine. Reste qu'un tiers environ de ce taux est héréditaire, et certains coureurs sont donc plus favorisés dès le départ.

Deuxièmement, l'entraînement agit sur le seuil d'accumulation d'acide lactique. Cet acide provient de la dégradation incomplète du glucose, et s'accumule dans les fibres musculaires. A partir d'un certain seuil, il va bloquer la contraction musculaire en empêchant la glycolyse.

Enfin, on peut améliorer les capacités respiratoires. Au repos, tout le monde consomme à peu près la même quantité d'oxygène (environ 3,5 ml par kilo et par minute). Ce qui distingue les champions, c'est leur capacité à élever cette consommation d'oxygène jusqu'à 25 fois pendant l'effort.

On a ainsi pu mesurer des taux de 91 ml/kg/min chez certains coureurs à pied. Mais l'oxygène ne joue pas un rôle primordial pour les courtes distances : la transformation d'énergie par cet intermédiaire n'intervient qu'au-delà de trois minutes (à partir du 1500
 m).

Un entraînement hyper spécialisé
Comment améliorer encore ses performances ? Nous ne parlerons pas ici du dopage, qui permet d'améliorer soit la consommation maximale d'oxygène, soit l'endurance ou le seuil lactique. Mais grâce à des appareils de mesures (consommation d'oxygène, de la fréquence cardiaque…), on peut préparer un athlète "sur mesure". Les entraînements sont individualisés, chaque exercice est ciblé à partir des caractéristiques bioénergétiques du sportif. De quoi battre encore quelques records aux Jeux Olympiques…

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 Céline Deluzarche, L'InternauteSavoir
 
Magazine Science
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