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 DOSSIER 
Février 2006

Les tests pour les enquêtes judiciaires

Pas besoin de regarder "RIS, Police scientifique" ou "Les Experts" pour s'apercevoir que les enquêtes policières font de plus en plus appel aux analyses génétiques. Mais l'ADN est aussi un modèle de fiabilité pour lutter contre la contrefaçon.
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L'attentat du World Trade Center. Le tsunami du 26 décembre 2004 en Indonésie. Le crash de l'avion de la West Caribbean au Vénézuela. Dans tous ces cas, c'est l'ADN qui sert à identifier les corps, souvent méconnaissables. Un "marché" que s'arrachent les grands labos du monde entier.

Après le tsunami, les restes humains ont finalement été convoyés à Sarajevo. Les labos français reconnaissent cyniquement "l'expertise" de l'ex-Yougoslavie en la matière, qui a mis au point des techniques très élaborées pour identifier les corps des charniers de la guerre. Sur les 95 morts français, 12 n'ont pourtant pas pu être retrouvés.

Photo : DR
Des labos privés au service de la justice
Dans les enquêtes policières, le choix du laboratoire est plutôt opaque : c'est le magistrat qui décide de l'attribution des échantillons à analyser. Certes, depuis la LOLF (loi organique relative aux lois de finance, qui est sensée mettre au clair les dépenses de l'Etat) , ils doivent demander un devis avant l'exécution de chaque analyse. Mais il n'y a de véritables appels d'offre que sur les "gros volumes". L'IGNA (Institut de Génétique Nantes Atlantique) a par exemple obtenu une partie du fichier national des délinquants sexuels.

Une vraie manne : entre 20 000 et 25 000 personnes déjà condamnées, plus 9 000 nouvelles demandes par an. Pour les enquêtes "classiques", L'IGNA réalise environ 2500 analyses par an. Le magistrat transmet les scellés, à charge pour le labo de détecter les traces d'ADN et de comparer les séquences avec la fiche d'un suspect (s'il y en a un).

L'ADN pour détecter la contrefaçon
L'ADN étant la partie identifiante de n'importe quelle cellule vivante. Les techniques de séquençage ne s'appliquent donc pas qu'à l'être humain. Un large champ d'applications concerne la détection des fraudes alimentaires. Pour vendre plus cher leurs produits, certains fabricants n'hésitent pas à attribuer un faux label AOC, à masquer des substances interdites, à falsifier l'origine de la matière première, etc.

Pour tous ceux qui tentent de faire passer du foie gras d'oie au prix du foie gras de canard, l'ADN est une contre-preuve incontestable. Grâce à une base de données de l'ADN bovin (mise en place lors de la crise de la vache folle), on peut identifier avec précision la provenance de chaque carcasse.

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Le must en terme de traçabilité, c'est l'ADN synthétique : on incorpore un marqueur artificiel dans de l'encre qui sert à imprimer des étiquettes, par exemple, et tous les produits seront infalsifiables : difficile pour un contrefacteur de fabriquer du faux ADN. La technique est économique et très sûre, mais reste peu pratique, car il faut faire une extraction d'ADN pour contrôler l'étiquette. C'est pourquoi les applications concernent pour l'instant surtout le luxe (flacons de parfum, bouteilles de vins et spiritueux…).

Paul Roquette, qui dirige la filiale française de CypherScience, leader sur cette technologie, croit beaucoup en cette technique. Si on obligeait par exemple tous les pétroliers à introduire un marqueur ADN dans leur cargaison, on pourrait immédiatement identifier le bateau à l'origine d'un dégazage. Pour l'instant, c'est le fioul domestique qui est "tagué" à l'ADN, et pour des questions de taxes.

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 Céline Deluzarche, L'InternauteScience - Biologie
 
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