DOSSIER
Avril 2006
9. L'hominisation est un processus linéaire comportant peu de maillonsL'évolution n'a pas été une autoroute : il y a eu des voies diverses avec de nombreuses espèces, dont la plupart se sont éteintes. Rectification de deux erreurs trop souvent entendues.
L'autoroute évolutiveDepuis 1960 et jusqu'en 1980, les découvertes laissent à penser que l'arbre évolutif des genres Australopithecus et Homo est linéaire : les espèces se succédent selon un processus continu et régulier, chaque espèce étant l'ancêtre de l'autre. L'arbre évolutif de l'homme est alors perçu comme "un gros tronc avec très peu de branches". Mais depuis les années quatre-vingt, les découvertes de gisements de fossiles se sont multipliées, et avec elles, le nombre d'espèces ou de sous-espèces du genre Homo. L'histoire évolutionnaire de l'homme est alors passée d'une ligne à un arbre à plusieurs branches. De plus, des espèces que nous rangions parmi nos ancêtres se sont révélées être de défunts cousins. Par exemple, nombreux Australopithèques (afarensis, robustus, boisei, africanus, aethiopicus) appartiennent à une branche de l'arbre évolutif, différente de celle qui mène à l'Homo sapiens. Pourtant, bien qu'elle n'intègre pas les découvertes de ces dernières années, cette théorie simpliste de l'autoroute évolutive est parfois encore enseignée de nos jours. La théorie de l'espèce unique
Autre erreur souvent évoquée : la "théorie de l'espèce unique". Jusqu'en 1980, certains chercheurs défendent cette hypothèse selon laquelle une seule espèce d'hominidé peut exister à la fois. Or, les fossiles disent le contraire : des espèces d'hominidés ont cohabité. On sait par exemple que vers -2 millions d'années vivaient dans les mêmes régions d'Afrique de l'Est des Paranthropus, des Homo rudolfensis et des Homo habilis. Un buisson fourni : la grande famille des hominidésPuisque l'homme n'est pas au bout d'une unique ligne continue, mais sur une branche d'un buisson fourni et puisque plusieurs espèces ont partagé les mêmes terres au même moment, nous avons des cousins. Ils sont même nombreux. disparus aujourd'hui. On les regroupe dans la famille des hominidés : elle comprend les hommes actuels et les hommes fossiles. Parmi eux, on trouve l'Ardipithèque (Toumai et Orrorin). On y compte aussi pas moins de 9 espèces d'Australopithèques. Réparties en 3 genres, elles apparaissent et disparaissent en Afrique entre 4,2 et 1 million d'années. Plus tard, vers -2,5 millions d'années, on dénombre au moins 7 Homos. Mais cette liste ne cesse de s'allonger au gré des découvertes.
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