Des techniques toujours plus complexes, et des résultats
décevants. Photo © Olivier Culmann /Sanofi-Aventis
|
Les entreprises pharmaceutiques sont parmi les plus dépensières en recherche
et développement. Pfizer se positionne par exemple en seconde position des entreprises
qui investissent le plus dans l'innovation, tous secteurs confondus. Le laboratoire
a ainsi investi 5,910 millions d'euros en 2005, soit une progression de 8%. Cette
contribution en recherche et développement (R&D) représente 14,6% de son chiffre
d'affaire.
Un état de fait qui ne serait pas inquiétant, si les coûts de recherche ne
connaissaient pas une croissance vertigineuse : on en est aujourd'hui à 800 millions
d'euros pour sortir un nouveau médicament. Un chiffre qui double tous les cinq
ans depuis 1970.
Des études cliniques toujours plus chères
Cette somme comprend la recherche proprement dite, les études biologiques, et
les essais cliniques. Ces derniers représentent à eux seuls 64% du budget total
de la mise au point d'un nouveau médicament. Là où 1 000 à 2 000 personnes étaient
nécessaires pour un essai, il faut aujourd'hui entre 5 000 et 1 0 000 personnes
pour valider la mise sur le marché d'un nouveau médicament.
D'abord en raison
de la réglementation qui impose des contrôles toujours plus rigoureux, mais aussi
parce que les améliorations apportées par ces nouveautés sont de plus en plus
imperceptibles et donc de plus en plus difficiles à mettre en évidence.
Ainsi,
pour comparer le Plavix à une banale aspirine, Sanofi a du faire une étude sur
19 185 patients. Tout ça pour un résultats bien maigre : les accidents artériels
étaient réduits à 5,83% contre… 5,32% avec le Plavix.
| "Pour fabriquer de l'insuline, 24 opérations différentes sont
nécessaires" |
Du matériel de pointe
La sophistication des technologies grève aussi considérablement les budgets de
recherche. Le criblage à haut débit n'est par exemple rentable qu'à partir de
plusieurs centaines de milliers ou millions de molécules testées. D'autre part,
la fabrication de médicaments est toujours plus complexe et exige d'énormes
investissements, une main-d'uvre et des infrastructures de qualité. Pour fabriquer
de l'insuline, par exemple, vingt quatre opérations différentes sont nécessaires.
Enfin, le faible nombre de molécules mises sur le marché engendre une sous-production
des laboratoires de recherche : on estime que ces derniers tournent à peine à
50% de leur capacité maximale.
Un rapport d'IBM Consulting Service sur le futur de la pharmacie est nettement
plus optimiste. En 2010, grâce aux nouvelles technologies, "le temps de découverte
et de développement de nouveaux médicaments sera réduit de moitié, et son coût
sera quatre fois moins élevé que la moyenne actuelle" explique-t-il.