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BIOLOGIE
 
Mai 2006

Guérir les cellules cancéreuses

Dernière idée pour lutter contre le cancer : restaurer le fonctionnement normal des cellules cancéreuses plutôt que de les détruire. Ou les rendre étrangères à l'organisme. C'est ce que cherche à faire la thérapie génique.

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Les cellules cancéreuses sont des cellules "malades". Comme des cellules souches, elles ne cessent de se multiplier, rapidement, réparant à chaque fois leurs télomères, ces extrémités de chromosomes qui diminuent normalement avec la capacité à se diviser. Mais elles ne se spécialisent pas et se développent de façon anarchique.

Sourdes aux réactions des voisines comprimées, insensibles aux signaux de mort, elles vagabondent dans l'organisme en générant des métastases, avides de sucre et d'oxygène. En plus, elles transmettent leurs lésions à leurs filles.

Des virus "médicament"

Les responsables, ce sont les gènes. En effet, c'est la mutation de certains d'entre eux (les gènes de signalisation cellulaire) qui rendent la cellule cancéreuse. La thérapie génique, dans la lutte contre le cancer, vise donc à "injecter" un gène dans une cellule malade, soit pour suppléer à un gène déficient, soit pour faire fabriquer une substance destinée la rendre reconnaissable pour les lymphocytes (les cellules responsables de l'immunité).

 

Principe de la thérapie génique. Il s'agit d'introduire, via un virus inactivé, un gène sain dans le génome d'une cellule cancéreuse. © L'Internaute

Comment ? Ce gène doit être véhiculé par un "vecteur" jusqu'au noyau de la cellule à traiter. Le virus est un bon transporteur : en effet, les virus ont besoin de parasiter une cellule pour se reproduire. Ils ont donc la faculté d'entrer dans certaines cellules, en se fixant sur des récepteurs spécifiques.

Dans la thérapie génique, on utilise un virus inactivé, donc inoffensif, auquel on fait porter le gène que l'on veut introduire.

Réparer les gènes ou rendre les cellules étrangères

Reste encore à trouver les gènes défectueux. Le gène RAS est muté lors de 25 % des cancers. Plus fréquent, dans 50 % des cancers, le gène suppresseur p53 est altéré. Lorsqu'il est normal, c'est un véritable gardien du génome qui régule le cycle de la cellule. En cas de mutation de ce gène, une prolifération cellulaire incontrôlée se déclenche, provoquant un cancer. Or l'introduction d'un gène p53 normal, dans une cellule cancéreuse a un effet antiprolifératif. Les premiers essais de thérapie génique par la p53 dans des cancers bronchiques sont encourageants.

La thérapie génique permet aussi de rendre les cellules cancéreuses "toxiques" pour l'organisme. Par exemple, on peut injecter dans la cellule tumorale un gène augmentant le caractère "étranger" de la cellule afin d'augmenter les réactions de défense immunitaire. Des essais sont en cours dans le mélanome.

Les thérapies géniques sont des méthodes séduisantes mais restent des techniques lourdes. Actuellement plusieurs centaines d'essais de thérapie génique sont en cours dans le monde dont plusieurs dizaines en France. Ces essais offriront sans doute d'abord des résultats prometteurs aux maladies génétiques qui ne concernent qu'un seul gène. Ce sera beaucoup plus long pour le cancer, maladie où interviennent de nombreux gènes

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