DOSSIER
Juin 2006
Au niveau des molécules
Activité cérébrale et fabrication de nouveaux neurones perturbés… Quels sont les mécanismes moléculaires à l'origine de ces dysfonctionnements ? Une hormone et 3 neuromédiateurs semblent impliqués. Excès de cortisolL'hormone en question, c'est le cortisol. Elle est produite par les glandes surrénales, en réponse à un événement stressant. De plus, cette hormone "s'auto-entretient" : plus le taux sanguin est élevé, plus les surrénales produisent du cortisol. Normalement, ce processus s'arrête quand l'excès de cortisol active des récepteurs aux glucocorticoïdes du cerveau. Chez les patients déprimés cependant, cette boucle de rétroaction ne fonctionne plus d'où une production excessive de cortisol, et un taux de cortisol sanguin élevé. Or non seulement cette hormone affecte l'hippocampe dont elle fait perdre des neurones, mais elle joue aussi un rôle important dans les états dépressifs, en influençant plusieurs systèmes de neurotransmetteurs dont la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine, tous trois impliqués dans la dépression. Ils jouent un rôle dans l'éveil, l'humeur et l'activité motrice. Neuromédiateurs mal gérésCe sont de petites molécules qui servent de relais aux messages nerveux, entre les neurones. En temps "normal", elles sont libérées par l'extrémité d'un neurone et s'accrochent aux récepteurs du neurone voisin, ce qui déclenche, soit une activation du signal nerveux, soit une inhibition.
Chez les personnes dépressives, ces molécules ne sont pas en quantité suffisante, et certains signaux nerveux mal acheminés. On s'est aperçu de cela dans les années 1950. A l'époque, un traitement hypotenseur cause des dépressions chez 15% des malades traités. Or, ce médicament dégrade la dopamine et la noradrénaline. À la même époque, on fait l'observation inverse avec un autre médicament : une molécule prescrite contre la tuberculose améliore l'humeur de certains utilisateurs déprimés. Cette molécule inhibe la dégradation normale des neuromédiateurs précités, en inhibant une enzyme la monoamine oxydase (MAO). Effet des antidépresseursRapidement, on se met alors à développer des inhibiteurs de monoamines oxydases (IMAO), la première génération d'antidépresseurs. Depuis, avec la fluoxétine, devenue célèbre sous le nom de Prozac, la famille des antidépresseurs s'est agrandie. Notamment avec les inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ou ISRS). Ceux-ci diminuent, comme leur nom l'indique, la recapture de la sérotonine dans le neurone pré-synaptique. Les neurotransmetteurs restent donc dans la fente synaptique (entre les neurones) plus longtemps, ce qui permet de compenser le taux anormalement bas de sérotonine chez les personnes déprimées.
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