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Sujet illustré

Les lois de Mendel sont parfois malmenées. En témoignent quelques exemples qui prouvent que l'hérédité, ce n'est pas si mathématique. Parfois "l'acquis" se transmet…

Un exemple d'épimutation : les drosophiles ont habituellement les yeux orange. Exposées à la chaleur pendant leur développement embryonnaire, elles possèdent désormais des yeux jaunes. Leur descendance aussi. Pourtant, leur code génétique n'a pas bougé. © L'internaute

Couleur et stress non mendéliens

Il y a plus de 50 ans, le généticien Alexander Brink découvre chez le maïs un phénomène de transmission de pigmentation des grains sur plusieurs générations en l'absence du gène censé induire ce caractère. Il invente le terme de paramutation ou épimutation.

Plus tard, des chercheurs suisses, montrent que les plantes héritent du stress de leurs parents. Les pressions environnementales auxquelles elles sont exposées se traduisent par des modifications de leur génome qu'elles passent à leurs rejetons.

Ces derniers présentent la même instabilité génomique, sans avoir été eux-mêmes exposés au stress. Chose que la théorie génétique de l'hérédité ne peut expliquer, puisqu'elle ne conçoit pas qu'un changement de l'environnement puisse provoquer de façon ciblée des mutations de l'ADN.

Les observations se multiplient. En 1998, une équipe allemande expose des embryons de drosophile à la chaleur. Une épimutation active alors certains gènes qui affectent la couleur des yeux. De jaunes, ils ont viré au rouge orangé. Et là encore la mutation se transmet aux descendants.

Et chez les hommes ?

Enfin, en mai 2006, une équipe du CNRS de Nice montre cette fois qu'une souris peut naître avec une queue blanche… alors que son ADN code bien pour un pelage uniforme gris. (Voir l'interview de Minoo Rassoulzadegan).

A la suite d'une série d'expériences génétiques, l'équipe de chercheurs a montré que cette queue blanche est héréditaire… mais ce caractère n'est pas porté par de l'ADN mais par de l'ARN ! Les épimutations existent donc aussi chez les mammifères.

Cette hérédité particulière est-elle aussi observable chez l'humain ? Une étude concernant la famine aux Pays-Bas en 1945 a montré que les enfants nés pendant cette période étaient de poids faible. Plus surprenant, leurs enfants étaient aussi de petit poids. Mais reste à démontrer que ce phénomène est bien dû à des mécanismes épigénétiques. Il faudrait mettre en évidence, par exemple, une activation anormalement élevée d'un gène.

Cette preuve ultime chez l'humain, les chercheurs ont bon espoir de la trouver en utilisant des modèles animaux.

En savoir plus : Les petits pois de Mendel

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