Le mimétisme est une arme de choc pour les plus faibles. Pour se protéger et du même coup maintenir la survie de son espèce, quoi de mieux qu'essayer de se faire oublier ? Et pour ça, le mimétisme est parfait : il permet entre autres de se cacher.
Bien que des grands prédateurs utilisent aussi le camouflage (guépard, tigre etc.), il est davantage l'outil des proies les plus faibles qui ne peuvent compter que sur cela pour perdurer. Se cacher, c'est donc se fondre dans le décor, prendre la couleur de son modèle ou sa forme ou les deux, mais aussi utiliser les ressources à disposition et se déguiser.
 |
| Agrandir |
| La sole change de couleur selon son milieu afin de se dissimuler. Photo © Vincent Maran |
Changer de couleur comme bon leur semble
Prendre la couleur de leur milieu comme le font les faunes des neiges, comme le lièvre variable qui devient blanc l'hiver, c'est bien. Mais quand on change régulièrement de milieu, comment se cacher à nouveau ? En rechangeant de couleur bien entendu.
Crevettes, pieuvre, sole, caméléon etc., nombreux sont les animaux qui y arrivent. Tous très différents, ils ont en commun cette spécificité biologique qui leur permet de s'adapter en permanence, plus ou moins rapidement, à leur milieu. Les animaux ont plusieurs couches membraneuses qui recouvrent leur corps, on les appelle les téguments, c'est également le nom donnée à l'enveloppe extérieure des plantes. Chez les animaux qui pratiquent l'homochromie variable, les téguments sont dotés d'organes spéciaux : les chromatophores. Cellules élastiques colorées et mobiles, ce sont leurs contractions et décontractions les responsables du changement de couleurs de l'animal. Quand la cellule se contracte, les pigments de couleurs se concentrent et l'animal prend une teinte claire. Lors de la décontraction, les pigments se diffusent dans toute la cellule et une teinte sombre apparaît.
Les changements de couleurs sont différents selon les espèces car ils ne s'effectuent pas à la même vitesse suivant qu'ils soient nerveux et/ou diffusés par le sang et la lymphe.
De plus, les changements de teinte ne sont pas décidés par l'animal qui les subit plus qu'il ne les décide. Si vous posez un caméléon sur un bout de tissu rayé, des rayures ne vont pas apparaître sur sa peau ! Les changements de couleurs ont une origine nerveuse et/ou humorale, ils sont donc les résultats d'un stress, d'une pression du milieu, d'un appaisement etc...
La couleur, la forme et le déguisement
Certains animaux ont besoin en plus de la couleur de prendre la forme de leur modèle, on appelle cela une homotypie. C'est le cas des phasmes par exemple, qui, en plus de revêtir le couleur de leur support, ont la forme de brindille pour certaines espèces. Ainsi, ils se cachent des oiseaux à la recherche d'aliments plus riches que les végétaux.
Certains prennent la forme de feuilles, d'autres de l'écorce etc. tout dépend du modèle.
Encore plus rare, il existe des animaux dont ni la teinte, ni la forme du corps ne s'adaptent au milieu mais qui, pour se cacher, ont recours au déguisement. Ce comportement est exclusivement animal. En matière de déguisement, tout est permis pour réussir à bien se protéger et se cacher : se créer une sorte de fourreau, se dissimuler sous des débris, habiter une coquille vide à la manière des bernard-l'hermite ou encore, comme les araignées de mers, empiler algues, roches et coquilles sur sa carapace.
En savoir plus
Vrai ou faux ? Le caméléon prend la couleur de son support