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Pour tous, il ne fait aucun doute que le berceau de l'humanité se situe en Afrique de l'Est. Les plus anciens fossiles y ont été retrouvés, les recherches s'y sont concentrées à tel point que l'on parle d'une véritable "ruée vers l'os" à partir des années 1960.

 

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Les gorges d'Odulvai en Tanzanie, le berceau de l'humanité ou juste un milieu de conservation exceptionnelle ? Photo © DR

Le rift africain

La majeure partie des fossiles d'hominidés a été retrouvée dans la vallée du Rift. Il s'agit d'un très grand phénomène géologique qui traverse notamment l'Afrique orientale. Ce n'est pas un hasard si on y retrouve autant d'ossements, non pas parce qu'il s'agit d'un habitat préféré par nos lointains ancêtres mais bien parce que les conditions de conservation sont exceptionnelles. En effet, dans cette vallée, en milieu lacustre, la sédimentation est rapide et continue. Les os sont donc rapidement ensevelis et l'air ne pénètre presque plus le sol. Les gorges d'Olduvai en Tanzanie sont l'un des endroits les plus fameux de cette vallée, très riche en restes d'hominidés, elle est le point de départ de nombreuses découvertes. Ce sont elles aussi qui vont appuyer, par des preuves matérielles, les théories évolutionnistes de Charles Darwin.

L'East Side Story

Le fait de trouver autant d'hominidés dans cette région a rapidement amené les chercheurs à établir un modèle : la très fameuse théorie de l'East side story de A. Kortland, reprise et popularisée par Y. Coppens. Selon cette théorie, la création du rift a conduit à un bouleversement climatique et environnemental. Une sorte de différenciation écologique avec à l'Ouest, une région humide et boisée et à l'Est une zone sèche de savane. Ainsi, pour s'adapter dans ces deux milieux différents, deux lignées évolutives, de souche commune, auraient divergé pour donner à l'Ouest les grands singes arboricoles et à l'Est les australopithèques bipèdes.

Remise en cause du modèle

Elle a un joli nom et semble tenir debout, pourtant l'East side story aujourd'hui est largement remise en question. Un examen poussé des os de pieds d'australopithèques a commencé à faire douter. Pour la paléontologue Yvette Deloison (1999), les australopithèques ont hérité la bipédie d'un ancêtre commun au genre Homo, et ensuite ils ont développé leur capacité à évoluer dans les arbres. Cela signifie que les australopithèques sont encore très arboricoles et que la bipédie n'est pas obligatoirement une adaptation à la savane. Mais les plus gros bouleversements sont les récentes découvertes de très vieux hominidés... à l'Ouest. Toumaï et Australopithecus bahrelghazali, tous les deux retrouvés au Tchad, apportent plus de nouvelles questions que de réponses. L'east side story n'est donc plus très viable.

En savoir plus Comment s'effectue la fossilisation ?

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