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L'Internaute > Science  > Biologie/Santé > Vrai ou faux ? > L'homéopathie est efficace
 Science - Biologie 
Décembre 2005

Vrai ou faux ? L'homéopathie est efficace

39% des Français affirment se soigner par ce type de médecine, jugée plus douce. Mais de quoi parle-t-on exactement ? Pourquoi existe-t-il une controverse ? La réponse est-elle tranchée ?
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L'homéopathie fonctionne sur le "principe de similitude" : il consiste à donner à un malade une substance médicinale qui, à dose forte, peut provoquer des symptômes analogues à ceux que l'on veut soigner. Ce principe est d'ailleurs la base de nombreux traitements, comme les vaccins.

Il ne faut pas confondre l'homéopathie avec la phytothérapie, cette dernière étant uniquement à base de plantes, alors que l'homéopathie utilise tous types de substances. Un exemple de médicament homéopathique ? Oscillococcinum (contre les états grippaux), à base de... foie et de coeur de canard de Barbarie.

Du sucre et de l'eau : c'est ce qu'on trouve dans ces petites granules après les dilutions successives. La substance active n'est présente qu'en quantité quasi-infinitésimale.
Photo : Boiron

Effet inexpliquable ?
La particularité de l'homéopathie, c'est qu'elle propose ces substances tellement diluées que l'on atteint des doses "infinitésimales". Selon le laboratoire Boiron, le principal fabricant français de médicaments homéopathiques, "l'expérience prouve que, malgré la très haute dilution de substance active, l'effet thérapeutique demeure", avouant quand même que "l'état de la science ne permet pas encore d'expliquer le mode d'action des dilutions infinitésimales". La controverse fait donc rage depuis plusieurs décennies, à coups d'études contradictoires.

Effet neutre ou négatif ?
La dernière, publiée le 27 août dernier dans le magazine spécialisé The Lancet laissait clairement entendre que l'homéopathie n'avait pas plus d'efficacité que n'importe quel placebo. Elle portait sur 65 malades et sur un large éventail de pathologies, allant des infections respiratoires aux troubles gastro-intestinaux. Dans leurs conclusions, les chercheurs affirment même que "l'état d'esprit des patients et des fournisseurs [d'homéopathie] crée un danger plus important pour la santé des patients que les faux arguments sur les bénéfices potentiels de dilutions absurdes".

Comment un médicament homéopathique est-il fabriqué ?
On utilise des substances végétales, animales ou minérales, que l'on fait macérer 10 à 21 jours dans un mélange d'eau alcoolisée. On obtient alors la "teinture mère". Vient ensuite la phase de "déconcentration" : on dilue 1% de la teinture mère dans 99% d'un nouveau mélange eau-alcool. Puis on répète l'opération autant de fois que nécessaire ; on peut aller jusqu'à 30 dilutions successives.

Une autre technique consiste à vider entièrement le flacon de teinture-mère pour le remplir avec de l'eau alcoolisée en considérant qu'1/100ème du liquide reste sur les parois du flacon. On imprègne ensuite des granules de lactose et de saccharose (sucre) du liquide final.

Les signes CH sur le tube indiquent le niveau de dilution (C signifie dilution au centième et H est l'initiale de Hahnemann, le médecin allemand inventeur de cette technique). Le Nux Vomica 5 CH a par exemple subi 5 dilutions au centième, soit une dilution d'un facteur de 10 milliards !

Alors à ces niveaux de dilution, on ne trouve plus trace chimiquement de la substance de départ. En clair : dans le liquide final, on ne trouve pratiquement que des molécules d'eau. Vous avez une chance sur plusieurs millions de trouver la molécule active dans votre tube.

Alors, pourquoi ça marche ?
Ce qui est prouvé en revanche, c'est que l'efficacité d'un médicament dépend de ses conditions d'administration. Et ce serait là le point fort de l'homéopathie : l'individualisation du traitement, l'écoute des médecins homéopathes, une approche à la fois physique et psychologique du symptôme donneraient au patient l'impression d'être bien pris en charge, et renforcerait donc l'effet psychologique du traitement.

De plus, la France hésite à remettre en cause les traitements homéopathiques, puisque Boiron, le premier fabricant au monde, emploie des milliers de personnes. Du coup, malgré les doutes, ils sont quand même remboursés par la Sécurité sociale à hauteur de 35%. Au même titre, d'ailleurs, que de nombreux autres médicaments classiques vraisemblablement inefficaces. Rappelons que le "trou" de l'assurance maladie s'élevait à 14 milliards d'euros en 2004.

A lire aussi : Homéopathie, comment en profiter vraiment ?

 
 Céline Deluzarche, L'Internaute
 
Magazine Science
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