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POURQUOI
 
Juin 2007

Les daltoniens ne distinguent-ils pas certaines couleurs ?

Rouge, vert : aucune différence. Comment ne peut-on pas distinguer une couleur ? A moins de souffrir de daltonisme. Cette anomalie visuelle touche plus de 8% de la population européenne.
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Le daltonisme est une maladie héréditaire qui touche généralement le sexe masculin. Médicalement appelée dyschromatopsie, ce trouble génétique de la vision des couleurs porte le nom du chimiste anglais John Dalton, atteint de cette anomalie et auteur de la première publication sur ce sujet en 1794. 4,8 millions de Français en sont aujourd'hui atteints. Plusieurs variantes de daltonisme existent : la dichromatie, la non perception d'une couleur, et la trichromatie anormale, la confusion de certaines couleurs entre elles. Quel disfonctionnement physiologique en est responsable ?


 
La rétine possède deux types de photorécepteurs, les cônes et les bâtonnets. Photo © DR
 

Perception normale des couleurs

L'œil est constitué de différentes zones dont une qui est la rétine. Cette membrane fine recouvre la partie intérieure de l'œil et est sensible à la lumière. Elle contient, entre autres des récepteurs spécifiques à la lumière, les photorécepteurs : les cônes et les bâtonnets. Leur rôle : transformer le signal électromagnétique de la lumière en signal électrique qui sera envoyé au cerveau via le nerf optique. L'interprétation de la lumière et donc des couleurs est ainsi possible.

Dans l'œil humain, les cônes sont de trois types :

- Les cônes L réagissent aux ondes lumineuses longues, à savoir la couleur rouge.

- Les cônes M marchent aux ondes moyennes, couleur jaune vert

- Les cônes S sont stimulés par les ondes courtes, couleur bleu violet.

Ces photorécepteurs contiennent dans leur segment externe des pigments : les iodopsines, union de deux molécules qui sont le rétinal et l'opsine. Trois sortes de pigments sont distinguées : bleu, rouge et vert caractérisant ainsi les trois types de cônes. Bien évidemment, l'homme voit plus que trois couleurs. La lumière peut exciter plusieurs cônes à la fois créant des nuances. Par exemple, si les pigments verts et rouges sont stimulés, nous percevrons une couleur jaune orangée. Suivant les stimuli lumineux, les ensembles de cônes vont plus ou moins s'activer. Par ce mécanisme, l'œil humain peut distinguer des milliers de nuances. Quant aux bâtonnets, ils n'interfèrent en rien dans la visualisation des couleurs. Leur pigment, la rhodopsine, permet de voir la nuit.


Une anomalie génétique

Les pigments sont des protéines, molécules créées à partir de gènes. A l'origine un seul gène codait pour les trois pigments. Avec l'évolution génétique, trois gènes différents sont nés : un pour le bleu qui se situe sur le chromosome n°7, un autre pour le vert et un troisième pour le rouge, tous deux situés sur le chromosome X. Cette proximité des gènes rouge et vert explique

 
Vision nomale d'un champs de coquelicots. Photo © Alain LEONCINI (galerie photos de l'Internaute)
 

que l'essentiel des daltoniens présentent une anomalie dans la perception de ces deux couleurs et que cette maladie touche majoritairement le sexe masculin.

Lors de la fécondation, l'œuf reçoit un chromosome X de la mère et un chromosome X ou Y du père. Les petites filles possèdent deux chromosomes X. Si un des deux est porteur d'un gène visuel défectueux pouvant causer le daltonisme, la jeune fille ne sera pas malade mais vecteur de la maladie. Pourquoi ? Le daltonisme est une maladie héréditaire de type récessif et le deuxième chromosome X sain contrecarre la déficience de l'autre. Pour les garçons, c'est différent. Ils ne possèdent qu'un chromosome X et si celui-ci contient un gène altéré ou absent, il sera malade. A l'heure actuelle, plus de 99% des daltoniens sont des hommes contre 0,45% de femmes. Cette transmission du daltonisme est donc d'origine maternelle.

 
Un protanope est une personne qui ne voit pas le rouge. Photo modifiée © Alain LEONCINI (galerie photos de l'Internaute)
 

Différentes variantes de daltonisme

Différents tests de dépistage ont été mis au point afin de savoir de quel daltonisme le patient souffre. En effet, il n'existe pas une forme de troubles visuels de la couleur mais deux : la dichromatie et la trichromatie anormale. Quelle est la différence ? Une personne atteinte de dichromatie ne possède que deux pigments viables. A savoir, qu'un des trois gènes codant pour nos pigments est absent et ne fabrique pas le sien. Ou alors défectueux et synthétise un des deux autres. Par conséquent, les malades peuvent ne pas voir la couleur rouge, ou la verte ou encore la bleue. A la place, ils observent des nuances grises.

Pour les personnes atteintes de trichromatie anormale, les trois gènes sont présents. Mais un des trois est altéré et ne produit pas assez de sa protéine. Ces daltoniens perçoivent alors très mal une des trois couleurs et confondent ainsi certaines entre elles. Cas exceptionnel : certains individus peuvent ne percevoir aucune couleur et voient tout en noir et blanc. Ce cas rarissime s'appelle l'achromatopsie.

Cette maladie n'évolue pas avec l'âge mais elle n'est pas soignable. Comme toute personne atteinte d'un trouble visuel, les daltoniens développent des référents leur permettant de contrecarrer leur déficience. Néanmoins, certains corps de métiers leur sont refusés pour cause de sécurité comme l'armée, la police, la gendarmerie ou encore électricien.



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