| Janvier
2008 "C'est
l'environnement social qui détermine la personnalité"
| Infidélité,
alcoolisme mais aussi don artistique ou encore grande aptitude physique... Est-ce
lié à l'éducation ou à une réelle prédisposition génétique ? Les
lecteurs donnent leur avis. | Les publications
sur la responsabilité génétique de certains comportements humains fleurissent
dans les journaux scientifiques tels que Nature. Certains chercheurs auraient
prouvé qu'il existe un gène de l'infidélité ou encore de l'alcoolisme et
que sais-je encore. Un ancien prix Nobel, James Watson, a d'ailleurs
suscité l'indignation du corps scientifique et du monde entier en n'hésitant pas
à expliquer que les Africains étaient moins intelligents que les Blancs et que
cela s'expliquait génétiquement. Et nous ne reviendrons pas sur une idée soutenue
par un candidat à la présidentielle expliquant un prédéterminisme génétique à
la pédophilie. Ce dialogue avec un philosophe de renom avait fait couler beaucoup
d'encre et déclencher les foudres d'Axel Khan, éminent généticien.
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| | Molécule
d'ADN. Photo © DR | |
» A y regarder de plus près,
on a l'impression que l'ADN a bon dos et est fautif de tous nos comportements
"moralement" répréhensibles ou condamnables. Notre personnalité
s'édifie selon plusieurs critères.
David
: "Le facteur génétique est très certainement déterminant
dans la construction de la personnalité. Il apporte des atouts ou défauts,
la beauté, des aptitudes physiques ou des facilités intellectuelles,
qui nous permettent d'appréhender notre environnement social de manière
individuelle. Cependant, s'il apporte capacités ou diminutions, c'est
en priorité l'environnement social qui détermine la personnalité
: la famille, les amis, l'éducation ou encore l'origine sociale. Néanmoins,
une personnalité n'est pas figée dans le temps et évolue
en fonction de cet environnement social qui détermine donc notre personnalité
à un instant de notre vie."
Gérard
: "Il n'y a pas de facteur vraiment déterminant dans une personnalité,
mais une moyenne entre le matériel génétique et la sculpture
que l'on en fait par l'éducation."
Slaheddine
: "La part de la génétique n'est pas négligeable mais
l'environnement nous sculpte. La preuve, l'éducation peut renforcer l'inné,
comme elle peut le transformer ou même le remplacer par l'acquis (l'apprentissage)."
Robin
: "Rien n'est prédéfini. Chaque individu évolue en fonction
de l'environnement qui l'entoure. Seuls des aspects physiques ou physiologiques
(mal formation, maladies héréditaires...) peuvent effectivement
prédéterminer un périmètre de l'environnement de l'individu." »
Un point fait l'unanimité : les critères physiques et physiologiques
sont l'uvre des gènes
Jérôme
: "Les éléments physiques sont indiscutablement liés
à notre patrimoine génétique. Pour ce qui est des traits
de caractère, c'est un peu plus ambigu... Ressemble t-on à son père
par mimétisme ou par "loi de la nature" ?" Slaheddine
: "Nos éléments définitivement inscrits sont nos caractéristiques
biologiques. Mais la façon de réfléchir, la morale, la volonté,
la motivation... sont en majorité le fruit de notre éducation, c'est-à-dire
de notre environnement, mais l'effet des gènes n'y est pas du tout absent." »
L'éducation est un facteur du développement de notre personnalité
mais certains exemples d'aptitudes aussi bien physiques qu'intellectuelles se
retrouvent au sein de fratrie. Comment expliquer ces grandes familles de sportifs
comme les Noah, Safin, Villeneuve, Yachvili
. ? Il est, également,
troublant de constater un don transmissible de génération en génération
comme la musique, le chant, la peinture, etc. Est-ce imputable aux gènes
ou à l'éducation ?
Yannick
: "Pour moi, c'est un héritage mixte. Un enfant sportif à
la base, c'est-à-dire au niveau génétique, dans un environnement
qui ne le poussera pas à exploiter ses capacités, ne deviendra pas
un sportif. Pareil pour un musicien. Il faut prendre en compte les deux aspects
du développement, la génétique et l'environnement. On naît
surdoué, mais on ne l'est pas "automatiquement". Il faut une
certaine stimulation intellectuelle pour que l'enfant (ou même l'adulte,
car les différences subsistent au niveau intellectuel, affectif...) mette
en uvre la totalité de ses talents. Pour conclure, je dirais qu'une
immense partie de nous est déterminée par nos gènes. N'oublions
pas que ne sommes pas si différents et complexes aux autres animaux."
Philippe
: "Un effet culturel, d'us et coutumes familiales, mais pas d'héritage
génétique."
Martine
: "Selon moi, c'est plus une question de milieu environnemental. On a vu
souvent des enfants adoptés prendre la voie artistique de leurs parents
adoptifs."
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A lire Sommes-nous
gouvernés par nos gènes ? Mes
parents, l'hérédité et moi
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