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La hausse des températures
© IPCC / WMO / ONU
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Des variations de températures normales ?
Plusieurs contestatires soutiennent que la période de réchauffement actuelle pourrait être une variation naturelle du climat, comme il y en a déjà eu dans le passé.
Steven Milloy, un chercheur du Cato Institute (une association libérale américaine), tire ainsi à boulets rouges sur une enquête de l'ACIA (Evaluation de l'impact des changements climatiques dans l'Arctique). En reprenant un morceau tronqué d'un rapport de 1200 pages, il conclue que les variations annuelles de la température ne sont que des fluctuations normales du climat.
Le Fraser Institute, une autre association financée par ExxonMobil, affirme sans sourciller que "2004 a été l'année la plus froide de l'histoire récente", alors que l'Organisation des Nations Unies déclarait la même année "la plus chaude depuis 1861". Dans
Climat, la fausse menace ?, Jean-Paul Croizé avance même qu'il faudrait accélérer le réchauffement pour éviter une prochaine glaciation.
L'ambiguité vient de
la confusion entre moyenne locale et globale. Le rapport de 2001 du GIEC explique ainsi que les épisodes de réchauffement et de refroidissement sont des phénomènes régionaux, alors que la hausse actuelle des températures est observée simultanément partout dans le monde.
Le dioxyde de carbone non responsable ?
Le débat porte également sur la relation entre la concentration de dioxyde de carbone et la température.
Il est vrai que dans le passé, les niveaux de CO2 comme les températures ont connu des variations significatives. Ils étaient ainsi 20 fois plus élevés il y a 150 à 200 millions d'années. Mais dans un passé plus récent, ils n'ont jamais dépassé 270 à 290 ppmv (parties par million de volumes, soit 0,0001%) jusqu'au début de l'ère industrielle. C'est alors qu'ils ont grimpé en flèche, pour se situer aujourd'hui à un niveau de 370 ppmv. La relation paraît donc évidente.
De plus, les carottes de glace de l'Antarctique révèlent un lien irréfutable entre le niveau de dioxyde de carbone et la température, qui ont évolué parallèlement au cours des 420 000 dernières années.
Mais certains auteurs avancent que le refroidissement qui a eu lieu dans l'hémisphère nord de 1946 à 1975 a coïncidé avec la hausse des émissions de gaz à effet de serre. Cela infirmerait la responsabilité des activités humaines dans le réchauffement de la planète. Cependant, le NRC (National Research Council ) croit plutôt qu'il est possible que les aérosols sulfatés, dont les concentrations étaient plus élevées à ce moment-là, aient entraîné le refroidissement de la planète au cours de cette période, contrecarrant ainsi le réchauffement provoqué par la hausse des concentrations de gaz à effet de serre.
Le
recul des glaciers est une autre pomme de discorde : en Norvège et en Nouvelle-Zélande, par exemple, les sceptiques disent que certains glaciers avancent. Ce qui est vrai, mais les climatologues répondent que cette progression est due à une augmentation inhabituelle des précipitations, et que la plus grande partie des glaciers a connu un recul massif au cours des 20 dernières années.