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"La Terre enfle et nous ne savons pas pourquoi" : tel est le titre choc d'un article du New Scientist du 22 novembre 1984. Cette théorie stupéfiante émane du paléontologue au British Museum, Hugh Owen.
A la base, Owen cherche à reconstituer le continent unique, la Pangée, d'où sont dérivées les plaques actuelles. Il y a 225 millions d'années, on pouvait ainsi traverser le monde à pieds secs ! Dès 1912, Alfred Wegener avait montré que les continents actuels s'écartaient au fil du temps. Il se forme ainsi 3,5 km² de "nouvelle" surface au fond des océans.
La Terre a doublé de volume !
Mais Owen découvre qu'à certains endroits, des golfes triangulaires entre les plaques océaniques ne correspondent pas à des fonds océaniques. L'érosion à elle seule ne peut pas expliquer ces "trous". Son explication est toute trouvée : la Terre gonfle. Elle aurait pratiquement doublé de volume depuis l'époque de la Pangée.
Pour illustrer ses propos, Owen fournit un modèle d'une Terre avec un diamètre de 12 700 km, soit 20% de moins que l'actuel, sur lequel les plaques collent parfaitement entre elles.
Trop révolutionnaires pour être crus ?
Diable, comment cette évidence a-t-elle pu échapper à tous les géophysiciens de la planète ? Hugh Owen explique que les chercheurs travaillent à partir de cartes planes et extrapolent leurs résultats à un globe. Ils auraient de plus tendance à réduire la taille de l'océan Pacifique. En somme, les astrophysiciens seraient de parfaits abrutis qui n'auraient pas compris que la Terre est ronde.
Un serpent de mer... qui se mord la queue
L'idée d'Owen n'est pourtant pas nouvelle. Dès 1933, le géophysicien Otto Hilgenberg imaginait une Terre cinq fois plus petite à l'époque du précambrien (entre -4600 et -600 millions d'années). Dans les années 50, l'australien Warren Carey tenait des conférences sur cette théorie. Ce dernier, auteur de "The Expanding Earth" ("La terre qui grossit") refusait d'admettre la subduction (l'endroit où les plaques océaniques passent sous l'écorce terrestre), la seule solution possible restant alors l'expansion terrestre.
Le scénario d'Owen repose sur des hypothèses complètements farfelues : le cœur de la planète serait un noyau ressemblant à une bombe atomique, et ferait gonfler la planète comme un ballon. Ce serait même elle qui aurait fait éclater l'écorce terrestre. Deuxième facteur d'expansion : le flot de météorites qui s'abat continuellement sur Terre. "Absurde", selon les astrophysiciens : non seulement la masse des météorites est infime comparée à celle de la Terre, mais en plus avec la gravité une augmentation de la masse globale aurait plutôt tendance à faire rétrécir le diamètre de la Terre.
Comment expliquer les golfes triangulaires d'Owen ? Tout simplement par le manque d'homogénéité de la plaque terrestre, qui se déchire et se déforme plus ou moins selon les endroits.
Une croyance qui a la vie dure
Malgré les démentis, Hugh Owen trouve encore de nombreux partisans, même parmi les astrophysiciens, persuadés d'être victimes de l'ostracisme de la communauté scientifique. Et ils avancent de nouvelles preuves : la fin des dinosaures (c'est l'augmentation de la gravité qui aurait tué les dinosaures, de trop grande taille pour résister), les tremblements de terre, qui laissent des failles non comblées, etc… Pour d'autres, la Terre serait un ancien satellite de Saturne. Bref, on ne sait plus quoi inventer pour jeter à la poubelle notre bonne vieille théorie de la tectonique des plaques.
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